Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/25

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« Après huit jours les saignements de nez et la fièvre avaient diminué. Le médecin était d’avis que ma fille prît quelques jours de repos. Mais après ces quinze jours de vacances les maux de tête continuaient et tout travail était impossible.

« L’infirmière ainsi que la supérieure me conseillèrent d’emmener ma fille jusqu’à la fin des grandes vacances, ce qui faisait quatre mois de repos ; repos que ces dames savaient nécessaire, car le cas s’était présenté plusieurs fois déjà parmi leurs pensionnaires.

« Le médecin a conseillé pour ma fille l’air des montagnes ; nous avons passé ces quatre mois en Suisse, où les maux de tête ont toujours continué par accès avec de fortes courbatures de tout le corps. C’est au retour de ce voyage que, ne voyant aucune amélioration, je suis venue vous consulter. Le mal n’était jamais général ; elle souffrait plus fortement tantôt d’un côté, tantôt de l’autre, en contournant irrégulièrement le tour de la tête. Tout travail de la tête, lecture ou autre, lui occasionnait des douleurs insupportables. »

Seconde observation : il s’agit d’un « jeune homme des plus robustes, né à Beaune, de parents vigoureux qui sont actuellement pleins de santé, ayant une sœur également bien portante, mais qui est restée avec ses parents dans sa ville natale.

« Le jeune homme, lui, s’est tuberculisé à Paris, dans les conditions suivantes : il travaillait chaque jour de six heures du matin à dix heures du soir, avec un répit de deux heures, dont une partie était consacrée à la « réfection corporelle », comme dit Rabelais. C’est-à-dire que ce jeune homme travaillait quatorze heures par jour dans sa petite chambre de l’École normale, immobile, lui bien musclé, et à la portion congrue d’un air confiné, lui de souche campagnarde. »

Il est utile de publier ces documents. Ce sont des démonstrations frappantes des effets produits par les excès in-