Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/338

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mène se produit, il se produit d’abord une accélération des mouvements respiratoires, et après quelques minutes un ralentissement ; enfin la force musculaire semble aussi être augmentée après un travail intellectuel court, et au contraire diminuée après un travail intellectuel d’une heure. Il semble donc que pour un certain nombre de fonctions physiologiques un travail intellectuel court produit certaines modifications, et un travail intellectuel prolongé produit des modifications opposées aux précédentes.

Pour les effets psychologiques du travail intellectuel, nous avons vu que, lorsqu’on fait un travail continu pendant deux heures, dans les premières trente à soixante minutes la vitesse de travail augmente, et dans le reste des deux heures elle diminue ; cette marche croissante de la vitesse ne se produit pourtant pas dès le début ; en effet, dans les premières cinq à dix minutes la vitesse est supérieure à celle des cinq minutes suivantes, c’est-à-dire la courbe qui représente la marche de la vitesse baisse d’abord un peu, puis monte pendant un certain temps (vingt-cinq à soixante minutes), et enfin, après avoir atteint un maximum, descend continuellement jusqu’à la fin. La petite descente de la courbe au début a été attribuée à cet état d’excitation dans lequel on se trouve lorsqu’on se met à travailler, et que nous avons désigné par le nom de verve ; la montée de la courbe a été attribuée à l’excès de l’exercice acquis sur la fatigue, et la descente de la courbe après le maximum à l’excès de la fatigue sur l’exercice. Ce sont des explications hypothétiques qu’il faudrait encore prouver par de nouvelles expériences. Mais ce qui est certain, c’est que lorsque le travail dure environ une demi-heure, la vitesse de travail augmente continuellement, et lorsque le travail a une durée plus longue, elle diminue. Il y a donc ici aussi deux effets opposés.

On se demande naturellement si les effets physiologiques du travail intellectuel ne sont pas dans une certaine relation avec les effets psychologiques, si l’augmentation du nombre