Page:Binet - Henri - La fatigue intellectuelle.djvu/41

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exposé à l’erreur de prendre pour un effet du travail intellectuel une modification qui provient d’une autre cause, très légère, et ayant passé inaperçue.

Parmi ces causes modificatrices de la circulation qui peuvent passer inaperçues, il faut signaler en toute première ligne les changements dans la position du corps et les mouvements du corps. Est-on assis sur un fauteuil, le dos commodément appuyé sur le dossier de ce siège, le simple fait de redresser le buste ou de l’incliner en avant modifie le volume de la main ; et si, quittant la position assise, on se met debout, il résulte de cette station debout une augmentation si considérable de la pression du sang que jamais, à notre connaissance, dans les expériences les plus pénibles de calcul mental, on n’a atteint un tel chiffre de pression sanguine. Il faut avoir tous ces faits bien présents à l’esprit quand on recherche l’influence du travail mental sur la circulation du sang ; et pour éviter les causes d’erreurs provenant de ce chef, il faut exiger du sujet une immobilité absolue. On n’obtient cette immobilité, en général, que des personnes un peu habituées aux expériences et ayant appris à commander à leur corps ; le premier individu venu s’agite sur sa chaise, parle, se penche à droite et à gauche, et constitue un détestable sujet pour des recherches aussi délicates.

1° Vitesse du cœur. — La vitesse du cœur est, de tous les phénomènes circulatoires, celui qu’il est le plus facile d’étudier, au moins grossièrement, puisqu’il suffit de compter le pouls de l’artère radiale au poignet en regardant une montre à secondes pour savoir combien de fois le cœur d’une personne se contracte en un temps donné.

Le nombre de pulsations, chez un individu normal, est de 72 par minute ; il est un peu plus élevé chez les enfants, D’après des recherches récentes de Gilbert, voici le nombre de pulsations par demi-minute pour des enfants dont l’âge varie de six ans à seize ans.