Page:Binet - La Vie de P. de Ronsard, éd. Laumonier, 1910.djvu/15

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INTRODUCTION


I — 
Origine et raisons de la présente édition.
II. — 
Claude Binet. Sa carrière littéraire. Ses relations, notamment avec Ronsard et les amis de Ronsard.
Ses trois éditions de la Vie de Ronsard.
III. — 
Ses sources d’information.
  
A. Documents écrits.
  
B. Documents oraux.
  
Critique de sa méthode.
IV. — 
Disposition de notre ouvrage : texte fondamental, variantes, commentaire ; graphie et ponctuation ; exemplaires consultés ; signes adoptés.

I


La biographie de Ronsard que Claude Binet nous a laissée a longtemps fait autorité. Comme elle était la seule qui fût écrite par un contemporain, un disciple, un familier du poète, et qui parût assez nourrie de faits, sans avoir, à beaucoup près, l’allure oratoire des panégyriques prononcés le jour des obsèques solennelles au collège de Boncourt, on crut pouvoir lui accorder un grand crédit ; et cela non seulement au xviie siècle, peu difficile en matière de tradition historique, non seulement au xviiie, où, malgré les progrès de l’esprit critique, on accepta généralement sur le compte de Ronsard — très délaissé — les connaissances traditionnelles, mais encore au xixe, qui, plus curieux, étudia son œuvre avec un intérêt croissant.

Bien mieux, cette biographie, que Binet, en qualité d’exécuteur testamentaire de Ronsard, avait eu l’avantage de faire imprimer à la fin de l’édition ne varietur des œuvres du grand poète, profita largement de son regain de célébrité et de sa réhabilitation au siècle de la critique. Plus on s’occupa de Ronsard, plus on eut recours à son biographe. Non seulement les auteurs des nouvelles éditions des œuvres de Ronsard, choisies ou complètes, et les historiens de notre poésie « renaissante » s’inspirèrent tranquillement de cette biographie dans leurs notices et leurs études, mais, après plus de deux cents ans, elle revit le jour in extenso en 1836 par les soins de Cimber et Danjou dans les Archives curieuses de l’Histoire de France, et, avec « çà et là quelques coupures », en 1873 par les soins de Becq de Fouquières en tête de ses Poésies choisies de Ronsard. Sans notes critiques : Binet l’avait dit, cela suffisait.

Pourtant quelque défiance s’était manifestée dès le xviie siècle à l’égard de Binet biographe. C’est G. Colletet, qui, à ma connaissance, a