Page:Binet - Les altérations de la personnalité.djvu/314

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aux réponses écrites une forme mystérieuse, dont l’explication naturelle est cependant facile à trouver.

Le caractère inattendu des réponses est encore un bon signe de division de conscience. Le médium, avons-nous vu, s’est borné à poser une question ; pour qu’il connaisse la réponse, il faut qu’il se relise. Souvent il ne peut pas se relire sans l’assistance d’une autre personne, tant l’écriture est indistincte. Il peut aussi commettre dans sa lecture des erreurs qui seront rectifiées un peu plus tard, par une nouvelle intervention de l’Esprit. La réponse peut être d’une nature bizarre, inattendue ; parfois, c’est une plaisanterie, une espièglerie ou même une grossièreté, qui étonnent d’autant plus le médium qu’il avait fait une demande sérieuse ; enfin la réponse peut prendre la forme d’un anagramme ou d’un rébus ; elle contient parfois des faits que le médium avait oubliés, etc.

Telle qu’elle résulte des faits précédents, la division de conscience ne sépare que des pensées ; elle reste dans le domaine de l’idéation ; nous n’avons point encore vu la sensibilité des organes périphériques subir des modifications parallèles, comme chez nos hystériques. Il est rare que les écrivains spirites fassent mention de ce point. Ce sont en général des enthousiastes et des mystiques, bien mal préparés aux explorations méthodiques ; du reste il est probable que la question de savoir si le bras du médium écrivant devient à un moment insensible leur paraîtrait une question tout à fait insignifiante et dénuée d’intérêt. Lorsqu’on cherche à causer avec les âmes des morts, on ne s’abaisse pas à chercher la sensibilité aux piqûres. Il est cependant digne de remarque que dans bien des cas le médium, en racontant ce qui s’est passé en lui, affirme ne pas avoir senti le mouvement de sa main au moment où elle écrivait ; d’autres perçoivent bien une agitation de la main, mais ne peuvent pas savoir ce qu’elle écrit, avant d’avoir jeté les yeux sur le papier. Ces observations ne sont pas constantes, car dans d’autres cas le médium paraît être resté conscient de toute l’expérience ; il est cependant vrai-