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Payen. Brux., 1860, t. Ier. Revue trimestrielle, n. XXXVI, article de J.-J. Altmeyer : les Gueux de mer et la prise de la Brille. — J -J. Le Petit, Grande chronique de Hollande, Amst., 1601. — A.-P. Van Groningen, Geschiedenis der Watergeusen. Leyde, 1840, pp. 143-145.

BERGHES (Henri DE), évêque de Cambrai, mort en cette ville, le 7 octobre 1502, après avoir gouverné pendant vingt-deux ans son diocèse. Il fut d’abord abbé de Saint-Denis, en Hainaut, puis coadjuteur de Cambrai sous Jean de Bourgogne, qu’il remplaça sur le siége épiscopal en 1480. Docteur utriusque juris, notaire apostolique, il se fit une grande réputation de science, et ses vertus ne le rendirent pas moins recommandable. « Sa vie, dit un vieil historien, était une perle sans tache ; si vous regardez ses mains, vous les verrez ouvertes pour le soulagement des pauvres et affligés ; si vous désirez marquer sa constance, vous verrez une colonne de diamant inébranlable à toutes les secousses et saillies des ennemis de l’Estat. » Barlandus parle de Henri de Berghes avec le même enthousiasme, et nous apprend, en outre, que ce digne prélat ne négligea rien pour répandre l’instruction dans son diocèse ; il encouragea, protégea les lettrés, et fit tout son possible pour ramener à la pureté antique le latin d’usage, qui s’était graduellement corrompu jusqu’à devenir un jargon presque inintelligible. Peu après sa promotion, Henri entreprit un pèlerinage à Jérusalem et visita, au retour, le pape Innocent VIII. Il devint le premier conseiller de Philippe le Beau, célébra le mariage de ce prince avec Jeanne, héritière de Castille, et conduisit le jeune couple en Espagne. En 1493, il fut nommé chancelier de la Toison d’or. Chargé, à diverses reprises, de négociations importantes entre l’Empire et la France, il s’en acquitta toujours avec honneur. Son corps repose dans le chœur de la cathédrale de Cambrai, qu’il avait enrichie de dons considérables.

Il était fils de Jean V de Berghes (Joncker Jan van Bergen), dit aux grosses lèvres, seigneur de Glymes et de Berg-op-Zoom, et de Marguerite de Saint-Simon, surnommée la belle blanche, originaire de Picardie. — La famille De Berghes, branche de celle de Glymes, a occupé une si haute position en Belgique dès le moyen âge ; elle a compté parmi ses membres tant de personnages remarquables à divers titres ; enfin, elle possède un arbre généalogique si vaste et si compliqué, que les lecteurs ne trouveront pas déplacées ici quelques indications sommaires destinées à leur faire apprécier l’importance de ce lignage, et à les orienter dans le dédale de ses ramifications. Le premier des Glymes fut Jean Cordeken ou Cortygin, fils naturel de Jean II, duc de Brabant et d’Isabelle de Cortygin, selon Butkens, ou de Jean III et d’Élisabeth de Gottignies, d’après un ancien manuscrit cité par M. Goethals[1]. Jean Cordeken aurait été légitimé par lettres patentes de l’empereur Louis de Bavière, datées de Francfort, le 23 août 1344 (voir Butkens, t. I, p. 146), et, par une faveur exceptionnelle, élevé ainsi que ses descendants au rang des princes de Brabant, ce qui leur valut toutes sortes d’honneurs et de distinctions, tant dans l’État que dans l’Église. On a quelque raison de révoquer en doute l’âge du document accueilli par Butkens ; quoi qu’il en soit, Jean épousa Agnès de Jodoigne, appartenant elle-même à la maison ducale, et ainsi s’explique, en tous cas, la présence du franc canton de Brabant dans les armes des seigneurs de Glymes. Le premier groupe des descendants de Cordeken est celui des seigneurs de Berg-op-Zoom, décorés du titre de marquis par Charles-Quint, en 1553. Berg-op-Zoom, une partie du domaine de Grimberghe, la terre de Walhain et celle de Brecht passèrent aux Glymes par le mariage de Jean IV, arrière-petit-fils du bâtard, avec Jeanne de Bautersem, fille de Henri, seigneur dudit Berg-op-Zoom, et de Jeanne Vander Aa, dame de Grimberghe. De cette union, naquit Jean V aux grosses lèvres, vaillant guerrier, qu visita les lieux saints et fit vœu aux dames et au faisan d’accompagner Philippe le Bon en Syrie pour y combattre les infidèles, sauf à se faire remplacer à ses frais, pendant

  1. M. Goethals se rallie à la thèse soutenue par l’auteur des Trophées de Brabant.