Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/141

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de vue qu’à l’époque où fut publié l’Édit perpétuel, le prince et les États se trouvaient parfaitement d’accord et que ce ne fut que postérieurement que la division éclata entre eux et donna naissance à deux partis hostiles (voir Gilles de Berlaymont). On a dit que le comte de Berlaymont avait excité don Juan à prendre les armes contre les États ; c’est un fait difficile à constater, mais ce qui est certain, c’est qu’il facilita la retraite de ce prince dans le château de Namur, dont il était gouverneur (4 juillet 1577). Le comte de Berlaymont mourut quelques mois après cet événement. Les opinions les plus diverses ont été exprimées sur le compte de ce personnage qui joua un rôle considérable dans les événements de son temps : Guichardin l’appelle homme de grande autorité et réputation. Strada en fait également un grand éloge, comme partisan dévoué du roi d’Espagne ; Van Wyn, au contraire, de même que les écrivains protestants, le représente comme un homme plein d’artifice et même comme un traître. Le duc d’Albe, de son côté, prétendait que Berlaymont n’entendait rien aux affaires et ne savait qu’être bonhomme. Il était insatiable de places et de faveurs pour sa famille. Outre les grades militaires conférés à quatre de ses fils, grâce à la protection du roi, il avait fait élire archevêque de Cambrai, le 5 septembre 1570, son fils Louis, qui n’avait pas encore achevé ses études ; il avait obtenu pour d’autres les prévôtés de Maestricht et de Liége, ce qui faisait dire à Alboruoz, secrétaire du duc d’Albe, « avec tout cela il a encore soif, après avoir tout bu. » Plus tard, le commandeur Requesens écrivait au roi que les Berlaymont avaient obtenu vingt choses dont une seule suffirait pour rendre une famille tout à fait obligée à son souverain, et cependant il semble, ajoutait-il, qu’on ne leur a rien donné. Ces réflexions étaient motivées par les démarches que faisait Charles de Berlaymont pour obtenir que sa terre de Berlaymont fût érigée en comté, faveur que le roi s’empressa d’accorder.

Le général Guillaume.

Gachard, Correspondance de Philippe II, passim. — Bull. de la Commission royale d’histoire. — Goethals, Dictionnaire héraldique. — Strada, Guerres de Flandre. — Viglius. — Hopperus. — Pontus Payen.

BERLAYMONT (Claude DE), seigneur de Haultepenne, homme de guerre du xvie siècle, né vers 1555 et mort en 1587, était le septième et dernier fils de Charles, comte de Berlaymont, gouverneur et souverain bailli du comté de Namur, et d’Adrienne de Ligne-Barbançon. Étant, au mois d’octobre 1576, à Charlemont, auprès de son frère Lancelot, qui y commandait, il fut arrêté en même temps que lui au nom des États, et conduit à Bruxelles, où il partagea la prison de son père, détenu en sa qualité de membre du conseil d’État. Le 19 janvier suivant, il signa, de son propre mouvement, l’acte de tolérance et de conciliation dit l’Union de Bruxelles ; ce qui ne l’empêcha point, en bon et fidèle sujet du roi d’Espagne qu’il était, d’aller aussitôt après dans le pays de Namur conspirer en faveur de don Juan d’Autriche. Ce doit être lui, le capitaine de Berlaymont, dont se plaint Marguerite de Valois en disant, dans ses mémoires, qu’il voulut prendre la ville de Dinant pour s’emparer d’elle. Après la bataille de Gembloux, on lui donna un régiment auquel il imposa le nom bientôt célèbre de sa terre de Haultepenne. Quand son frère, le sire de Hierges, eut été tué au siége de Maestricht, en 1579, il lui succéda dans le gouvernement de Charleville. Il ajouta bientôt à cette charge celle de commandant de Bréda, dont il s’était rendu maître, par nu coup de main, le 27 juin 1581. L’année suivante, il soumit à l’autorité du roi Lierre et Eindhoven, et parcourut la Frise les armes à la main. L’occupation de Steenberghe, rapportée à la date du 12 août 1583, signala son retour dans le Brabant, et, s’il faut en croire le P. Strada, ajouta grandement à sa réputation militaire. Une grave maladie, suite des fatigues de la guerre, le retint longtemps à Bois-le-Duc. Il y avait là si peu d’ordre que l’ennemi put pénétrer sans coup férir dans la place et s’en croire le maître, quand Berlaymont, à peine convalescent, se montra à la tète d’une poignée de soldats et de quelques bourgeois déterminés, et le re-