Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/146

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parable à cette intervention, sous le rapport de la finesse des combinaisons de la subtilité des enlacements dans lesquels il embrassait et étouffait son dangereux antagoniste… Au moment même où la résistance des protestants allait être infailliblement écrasée par la réconciliation des quinze provinces avec le Roi, le prince d’Orange, en fomentant la discorde, et en faisant éclater une guerre entre ceux qui, à tout prix, voulaient l’éviter…… sauva la Hollande. »

Pour échapper à cette finesse de combinaisons, à cette subtilité des enlacements dans lesquels on voulait l’étouffer, don Juan dut fuir successivement de Bruxelles et de Malines, puis enfin chercher un refuge dans le forteresse de Namur. Le baron de Hierges s’empara, peu de temps après, de Charlemont (juillet 1577). Dès ce moment, tous les liens se trouvèrent rompus entre don Juan et le États ; de part de d’autre, on recourut aux armes ; les savantes intrigues ourdies par le prince d’Orange réussissaient. Le baron de hierges avait été revêtu, par le gouverneur général des charges importantes de maître général de l’artillerie et de mestre de camp des troupes wallones. Il s’attacha à se rendre maître du cours de la Meuse depuis Namur jusqu’à Mézières. Déjà il était établi à Charlemont ; il s’empara de Fumai, le 10 novembre 1577, et de Bouvines, le 15 février 1578 ; il alla aussi secourir Ruremonde et battit Hohenlohe.

Peu de temps après, il succèda à son père dans le gouvernement de Namur et d’Artois, ainsi que dans l’administration des finances de don Juan.

Sous le gouvernement général du prince de Parme, qui vint remplacer don Juan mort inopinément le 1er octobre 1578, le baron de Hierges conserva tous ses emplois militaires ; en 1579, il assista au siége de Maestricht, où il dirigea les travaux d’artillerie ; il avait en outre le commandement d’un corps considérable d’Allemands et de Wallons, chargés des attaques à la droite de la porte Saint-Pierre. Ce siége mémorable dura quatre mois ; douze jours avant la prise de la ville, le 17 juin, le baron de Hierges fut atteint d’un coup d’arquebuse pendant qu’il faisait établir une batterie ; il mourut le lendemain. Son corps fut inhumé en l’église des Franciscains, à Namur ; suivant Galliot, son tombeau, qui existait encore en 1790, portait l’épitaphe suivante :

« Dans ce cercueil repose le corps de messire Gilles, comte de Berlaimont, baron de Hierges, seigneur de Perwez, Haulte-Roche, Vereulx, le Walrand, etc., etc. ; gouverneur et capitaine général de la duché de Gueldre, comté de Zutphen et Namur, Overyssel, Lingen, de CHarlemont, Philippeville et Marienbourg, conseiller du conseil d’État de Sa Majesté et chef de ses finances, capitaine de quarante hommes d’armes des ordonnances de Sadité Majesté, et colonel d’un régiment de onze compagnies de haulx Allemands pour le service d’Icel, qui fut thiré d’une arquebusade au siége de Maestricht, reconnaissant le fossé d’icelle ville, le dix-septième jour de juin 1579. »

Le baron de Hierges fut un général aussi habile que brave ; tous les historiens sont d’accord sur ce point : « Ce seigneur, dit Strada, avait commandé des troupes presque dans tous les combats ; il avait reçu de son père l’amour du parti du Roi, et, plus belliqueux que son père, il l’avait toujours soutenu ; il était prudent et avisé, mais il était un peu trop ferme dans ses résolutions ; au reste, il était splendide. » Le président de Thou l’appelle : Vir magni animi et qui his bellis magnam militaris virtutis laudem meruerat… Van Meteren, Hooft, Bentivoglio en parlent dans les mêmes termes. Van Wyn seul, dans les Byvoegsels en aanmerkingen sur l’histoire de Wagenaar, l’a accusé de duplicité envers les États. Nous avons essayé de démontrer que cette accusation est sans fondement. Selon nous, c’est une de ces nombreuses erreurs, pour ne pas dire calomnies, que l’esprit de parti est parvenu à faire prévaloir et qui défigurent complétement le caractère des événements qui suivirent en Belgique