Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/209

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orageuse de la révolution brabançonne. Le cardinal-archevêque de Franckenberg étant particulièrement charmé du mérite de l’abbé Van Beughem l’invita à se charger de son secrétariat (1790), et n’eut qu’à s’applaudir de lui avoir donné sa confiance. Cette heureuse position fut enlevée à l’abbé au bouleversement général qu’amena l’invasion de la Belgique par les républicains français : le cardinal dut se retirer au delà du Rhin et son secrétaire ayant refusé le serment de haine à la royauté, fut jeté en prison à Malines. Transféré de là à Versailles, il y fut condamné à la déportation à l’île d’Oleron, mais l’état de sa santé ne permettant pas de l’y transporter, il demeura à Versailles et il obtint, après deux ans de détention, la permission d’habiter la ville, sous la surveillance du maire. Son temps alors fut partagé entre l’étude des lettres, qu’il affectionna toujours, et la visite de l’hôpital, où il exerça avec succès le saint ministère. Rendu enfin à sa patrie par la chute du premier empire, il ne fit plus que languir ; sa santé toujours frêle s’étant beaucoup affaiblie encore par des chagrins de famille, il mourut à Bruxelles le 21 décembre 1820, à l’âge de soixante-seize ans. Van Beughem avait publié un grand nombre d’écrits en flamand, français et latin, tant en vers qu’en prose, mais aucun de longue haleine. Un modeste savoir, beaucoup de simplicité et un but toujours utile les recommandaient, maison y aurait désiré des formes plus nobles, plus élégantes. Ses ouvrages principaux sont : 1° Documenta è variis veteris testamenti historiis petita. Malines, 1797. — 2° Oratio in funere Govardi-Gerardi van Eersel, episcopi gand. Gand, 1778. — 3° Oratio in funere Mariæ-Theresiæ Augustæ. Ibid., 1781[1].

J.-J. De Smet.

BEUGHEM (Jean-Ferdinand DE), évêque d’Anvers, né à Bruxelles en 1630, mort dans sa ville épiscopale le 19 mai 1699. Il appartenait par sa naissance à une des familles patriciennes de Bruxelles. Son père, Jean de Beughem, seigneur d’Ottignies et de Hauthem et commissaire des armées royales, l’envoya de bonne heure à l’Université de Louvain, où il prit le grade de licencié dans l’un et l’autre droit. Il devint ensuite chanoine de la collégiale de Sainte-Gudule, à Bruxelles, et fut nommé doyen du chapitre le 26 mars 1673. Promu à l’évêché d’Anvers en 1679, il fut sacré le 12 novembre de la même année, dans la chapelle du palais archiépiscopal de Bruxelles, par l’archevêque de Malines, assisté des évêques de Bruges et de Ruremonde. Pendant environ vingt ans, il administra son diocèse avec le plus grand zèle, la plus grande vigilance, et mourut regretté par tout son troupeau, à l’âge de soixante-neuf ans. Il fut enterré dans l’église cathédrale d’Anvers, où l’on grava sur sa tombe l’épitaphe suivante :

D. O. M.

JOANNES FERDINANDUS
VAN BEUGHEM
NONUS ANTVERPIENSUM EPÛS
GREGI SUO ET OMNIBUS CHARUS
UT VERUS PASTOR CURA DUXIT
CHARITATE IUVIT, OPERE LUXIT.
QUI VIVUS DE SE HUMILITER TACUIT
LOQUATUR MORTUUS.
CUM DUXI, IUVI, LUXI
UT LUX PERPETUA EI LUCEAT

V. V.

Sa devise était :

Virtute et Constantia.
E.-H.-J. Reussens.

Foppens, Historia episcopatus Antverpiensis. — Diercxsens, Antverpia Christo nascens et crescens, t. VII.

BEUGHEM (Louis VAN), architecte, né à Bruxelles au xvie siècle. Voir Boghem (Louis van).

BEURSE (Pierquin). La forme flamande des noms de ce compositeur de musique fait supposer qu’il appartenait à nos provinces ; toutefois le lieu de sa naissance est incertain. Pierquin (en flamand Peerken, petit Pierre) Beurse (qu’on écrit parfois Beurst et Bursin) était, en 1474, organiste de la chapelle musicale à la cour de Charles le Téméraire, duc de Bourgogne. Il avait succédé dans cet emploi au ténoriste Philippe du Passaige, ou de Passagio, après que

  1. Dans la notice qu’il a donnée sur le savant et pieux principal, et qui nous a été fort utile, M. F.-V. Goethals fait connaître exactement tous les écrits de l’abbé Van Beughem. V. Messager des sciences et des arts, année 1833, page 59 et suivantes