Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/212

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


et des monastères tenaient à honneur de posséder un christ d’ivoire dû à son ciseau. Ces chefs-d’œuvre de toute dimension, si nombreux jadis, ne se rencontrent plus que rarement, mais ceux que l’on conserve excitent l’admiration, non-seulement pour la correction et la finesse du dessin, mais encore pour le sentiment de divine grandeur que l’artiste a su répandre sur les traits de l’homme-Dieu.

Kervyn de Volkaersbeke.

BEVERUS (Jean), professeur, philosophe, né à Beveren. xvie siècle. Voir Serjacobs (Jean).

BEX (Henri), écrivain religieux du xviiie siècle. On ne connaît aucun détail sur sa vie. L’on sait seulement qu’il appartenait à la province gallo-belge de la Compagnie de Jésus et l’on a de lui les ouvrages suivants : 1° le Prince dévot et guerrier ou les vertus héroïques de Léopold-Guillaume, archiduc d’ Autriche, traduit du latin du R. P. Avancin, et augmenté de quelques mémoires en françois. A Lille, Nicolas de Rache, 1667 ; in-4° de xx-466 pages et trois planches gravées. — 2° Six panégyriques de sainte Ursule et des onze mille vierges. A Liége, Pierre Danther, 1679 ; vol. in-8° de xii-172 p.

E.-H.-J. Reusens.

Aug. et Aloïs De Backer, Bibliothèque des écrivains de la Compagnie de Jésus, VIe série, p. 44.

BEX (Pierre DE), seigneur de Freloux, jurisconsulte distingué, bourgmestre de Liége, né en cette ville vers 1570, décapité le 22 février 1651. Il appartenait à une ancienne famille patricienne que l’on croit originaire de Maeseyck, et qui s’établit à Liége vers la fin du xve siècle. Stimulé par l’exemple de ses ancêtres qui avaient occupé des charges et des dignités importantes dans l’État et dans l’Église, Pierre de Bex s’intéressa de bonne heure aux affaires de son pays. Sou dévouement à la cause du peuple et l’énergie qu’il déploya à la défendre pendant le règne si agité de Ferdinand de Bavière, lui valurent une grande popularité. Les clefs magistrales lui furent confiées pour la première fois en 1623. Son nom figure parmi ceux des candidats sur les rangs lors des fameuses élections de 1630, qui élevèrent au pouvoir Laruelle et Beeckman. Son tour revint en 1632, puis encore en 1637 et 1647. Il fut, ainsi que son parent, le colonel Jagmart, une des personnalités les plus influentes du parti des Grignoux, opposé à l’évêque Ferdinand et considéré par là même comme dévoué aux intérêts de la France. Délégué par la cité en 1640 pour négocier la paix de Tongres, dite Paix fourrée, qui valut de si amères déceptions à ses amis politiques, De Bex dut se réfugier la même année à Maestricht, afin d’échapper aux poursuites des Chiroux redevenus maîtres du terrain. Il y resta jusqu’à la réaction de 1646 ; sa magistrature de l’année suivante fut signalée par des représailles. Pendant toute cette malheureuse époque, Liége se vit en proie aux horreurs de la guerre civile. Aux massacres de la Saint-Grignoux (21 juillet 1646) qui avaient eu pour résultat la rentrée des exilés, les Chiroux répondirent en 1649 par d’autres scènes de violences, qui amenèrent la désastreuse capitulation du 29 août, dite Paix de Saint-Gilles, prélude de nouveaux désordres et le premier coup fatal porté aux anciennes franchises de la cité. Tout le pays fut cruellement rançonné ; la France elle-même, sur laquelle le parti populaire avait cru pouvoir compter pour faire respecter la neutralité liégeoise, la France exigea inopinément des contributions de guerre. Les Liégeois apprirent à leurs dépens, dit un historien, que les services rendus par les grandes puissances aux petits États sont rarement désintéressés.

De Bex avait de sérieux motifs de se croire en butte aux persécutions de ses anciens ennemis. Il jugea prudent de s’effacer entièrement : il vécut deux ans isolé, soit à Waremme, soit plus probablement à Herstal[1]. On lui avait conseillé de gagner Maestricht ; pour se défendre de suivre cet avis, il allégua un sauf-conduit dont il était porteur, et les immunités du lieu qu’il avait choisi pour retraite : Herstal appartenait alors à la famille de Nassau. Cette confiance le

  1. Le récit de Foullon qui adopte cette dernière opinion est parfaitement clair et vraisemblable.