Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/281

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


l’abbé Vogler, à Prague, où leur père s’était retiré lors de la révolution brabançonne. Leur professeur s’étant rendu à Vienne en 1803, pour y faire représenter une de ses œuvres, les trois jeunes artistes l’y accompagnèrent et furent admis, sur sa recommandation, à faire partie de l’orchestre du théâtre, Joseph comme alto, Casimir et Léopold comme premiers violons. Joseph a composé beaucoup de musique dramatique et une partie en a été attribuée, à tort ou à raison, à ses frères. Ses principaux ouvrages sont cités par M. Fétis, dans sa Biographie universelle des Musiciens, sous les titres suivants : 1° Don Sylvio de Rosalba, opéra romantique. — 2° Le deuxième acte de l’opéra-féerie Der hurze Mantel (le Manteau court). — 3° Des entr’actes et chœurs pour un grand nombre de drames, tels que Colomb, le Roi Lear, Turandot, Kâthchen von Heilbronn, Fernand Cortez, etc. — 4° Les mélodrames Camma et Menasko et Elwina. — 5° Un ballet pantomime. — 6° Plusieurs symphonies à grand orchestre. — 7° Des quatuors faciles pour deux violons, alto et basse. — 8° Des variations sur différents thèmes. — 9° Des trios pour deux violons et violoncelle. — 10° Duos faciles pour deux violons. — 11° D’autres duos concertants, et des variations sur différents thèmes, pour deux violons. — 12° Une méthode théorique et pratique de violon. — 13° Quatuors brillants pour flûte. — 14° Des messes et autres compositions religieuses. — 15° Des cantates de circonstance. — 16° Des chants à plusieurs voix et à voix seule, et beaucoup d’autres compositions. Joseph de Blumenthal mourut directeur du chœur à l’église des Piaristes, à Vienne. Son frère Casimir, mort à Lausanne en 1849, fut directeur de musique à Zurich ; tandis que Léopold était attaché à la musique d’un grand seigneur en Hongrie. Tous deux ont publié des solos de violon, des airs variés pour le même instrument, et divers autres productions.

Aug. Vander Meersch.

Const. von Wurzbach, Biographisch Lexikon des Kaiserthums Oesterreich. — Fr. Fétis, Biographie universelle des Musiciens.

*BLUNDELL, (Le Père Thomas), de la Compagnie de Jésus, professa la philosophie au collége liégeois des jésuites anglais, dans les dernières années du XVIIe siècle. On manque de renseignements sur sa vie, et nous ne connaissons de lui aucun ouvrage imprimé ; mais on peut se faire une idée de ses doctrines et de l’intérêt de son enseignement, par des documents manuscrits et par les listes (publiées à Liége) des thèses soutenues sous sa présidence. On était encore loin de l’époque où le Père Guénard prononça publiquement l’éloge de Descartes (1755) : lès jésuites, en cela d’accord avec la plupart des régents des universités et des colléges, considéraient toujours le péripatétisme comme une arche sainte, et auraient cru, en transigeant sur les théories des formes substantielles et des accidents absolus, porter atteinte aux dogmes fondamentaux du catholicisme. Ils montrèrent d’autant plus d’éloignement pour les idées nouvelles, que les jansénistes avaient paru, dès l’origine, s’en faire un point d’appui. En Belgique, ce débat était devenu palpitant d’intérêt. L’Université de Louvain, sur la dénonciation du nonce apostolique Jérôme Vecchio ou de Vecchy, avait dû proscrire le cartésianisme en 1662 ; mais l’ennemi venait de rentrer en tapinois dans la place : cinq ans après la promulgation de cette sentence, des thèses ouvertement cartésiennes avaient été défendues à Bruxelles sous la présidence d’un licencié de Louvain, et dédiées à Jérôme de Vecchy lui-même, au nom du tiers-ordre tout entier. Le professeur en théologie Van Gutschoven essaya, peu de temps après, de concilier Aristote et Descartes, et de démontrer que la théorie du mouvement de la terre n’était point en contradiction avec l’Écriture. L’Oratoire avait été contraint d’accepter, en 1678, un concordat imposé par la Compagnie de Jésus ; mais au fond, beaucoup d’oratoriens n’avaient pas abandonné Descartes. Les jésuites ne se tinrent pas pour battus : ils ne devaient ouvrir les yeux que quand, poussés dans leurs derniers retranchements, ils se verraient réduits à emprun-