Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/299

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id., en fa. Liége, Gout. — 4° Une messe en ut, à deux voix, avec accompagnemeut d’orgue ad libitum, imprimée en caractères de plain-cliant dans le recueil de motets de M. Plateus, curé de Burdine. — 5° Motets. 1. Verbum caro, pour soprano ou ténor, en fa. 2. Litanies, en fa. 3. Contant montes, en ut. 4. Tantum ergo, à deux voix ; genitori, à trois voix, en si. 5. Ave Maria, en sol, à trois voix égales. 6. Mi Jesu, pour soprano et ténor, en fa. 7. Ecce panis, en fa, pour deux voix égales. 8. Bone Jesu, en fa, pour deux voix. Ces messes et ces motets ont été réimprimés à Liége (Muraille, etc.). Outre ces compositions qui sont dans le commerce, M. Terry en possède d’autres qui sont autographes et dont il a bien voulu nous donner la liste. — 6° Missa terza (sic) concertata, en re, per quattro voci, partition d’orchestre autographe portant le millésime de 1793. — 7° Un opéra intitulé : le Derviche ou l’Isle des Femmes, représenté à Liége, le 22 pluviôse an VIII. Opéra en un acte, paroles de M. de Sainte-Foix. Parties d’orchestre et de chant autographes. — 8° L’Hymne à la paix, chanté au concert gratis, le 9 germinal an IX, paroles du citoyen Becco, idem. — 9° Li Raskignou’, cantate, partition d’orchestre autographe. Au bas du titre on lit : Neapoli, 1790, Sda Rosa alappartimento. — 10° Hymne civique, id. — 11° Hymne à l’Être suprême, paroles du citoyen Douville, id. — 12° Scène pour voix de soprano, idem.

Comme compositeur, Nicolas Bodson est fort estimé. Ses œuvres de musique sont populaires. Sa musique est simple et correcte. On y rencontre des traits intéressants et originaux. Après bientôt soixante-dix ans de leur publication, la plupart d’entre elles n’offrent rien de suranné.

Le chanoine T.-J. Devroye.

BODUOGNAT, chef des Nerviens, ne nous est connu que par la sanglante et glorieuse bataille livrée aux Romains, l’an 57 avant Jésus-Christ, sur les bords de la Sambre.

Au lieu de se laisser décourager par la soumission successive de leurs alliés, les Nerviens, bravant les menaces de César, avaient fièrement déclaré que jamais le conquérant romain ne verrait le visage d’un député de leur nation. Après avoir conduit les femmes, les vieillards et les enfants dans un lieu sûr, entouré de marais et de bois, tous les hommes en état de porter les armes s’étaient réunis sur la rive droite de la Sambre. Ils y furent rejoints par leurs voisins les Atrébates et les Véromanduens, résolus, comme eux, à défendre énergiquement l’indépendance de la Gaule belgique. Ils avaient pris position au sommet boisé d’une vaste colline qui, par une pente uniforme et douce, descendait jusqu’au bord de la rivière[1].

Plusieurs Gaulois, échappés du camp de César, se rendirent auprès de Boduognat. Ils l’informèrent de l’approche du général romain et lui dirent que les légions s’avançaient en laissant entre elles un espace considérable, encombré d’une grande quantité de bagages. Ils émirent l’avis qu’il serait aisé de disperser la première légion et de piller ses bagages, au moment où elle arriverait en vue des Nerviens. Ils croyaient que les autres troupes, effrayées de ce desastre, plieraient à leur tour après une faible résistance.

Boduoguat accueillit ce conseil avec d’autant plus d’empressement que la nature du sol et les précautions prises par les Nerviens opposaient de sérieux obstacles au déployement de la cavalerie romaine[2]. Il ignorait que César avait trop de prudence et d’expérience pour ne pas modifier, dans le voisinage de l’en-

  1. Napoléon III place à Mons le lieu où les Nerviens conduisirent les vleillards, les femmes et les enfants. Il croit que leur camp était établi sur les hauteurs d’Haumont et celui de César sur les hauteurs de Neuf-Mesnil, de l’autre côté de la Sambre (Histoire de Jules César, t. II, p. 109). Les érudits sont loin de se trouver d’accord sur ces trois points. Les diverses opinions ont été résuméeS par T. Schayes (La Belgique avant et pendant la domination romaine, 2e édit, t. I, p. 349).
  2. De tout temps très-faibles en cavalerie, les Nerviens avaient l’habitude de tailler et de courber de jeunes arbres, dont les branches, dirigées horizontalement et entrelacées de ronces et d’épines, formaient des haies semblables à des murs (ut instar muri hœ sœpes munimenta prœberent). Aujourd’hui encore, dans quelques parties du Hainaut, on rencontre des haies à peu près pareilles.