Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 2.djvu/453

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


Notre première école de peinture, Thierry Bouts et ses fils, Bruxelles 1863, in-8°. — Messager des Sciences, etc, 1866, et 1867. — A. Wauters, Le testament du peintre Thierri Bouts (Bullet. de l’Acad., cités, 2e série, t. XXIII).

BOUTS (Jean), peintre à Louvain, fils de Thierry Bouts, le jeune, et de Marguerite van Berlaer. Cet artiste est qualifié de peintre dans un acte du 2 juin 1501 et de peintre de figures ou pictor ymaginum dans un acte du 10 juillet 1505. Il épousa à Louvain, en 1501, Élisabeth De Weerdt dite Berain, cousine et filleule d’Élisabeth van Voshem, veuve de Thierry Bouts, son grand-père. Celle-ci la dota, à l’occasion de son mariage, d’une rente de trois florins du Rhin, hypothéquée sur sa maison à la Dorpstrate, à Louvain. La jeune épouse était fille de Jean De Weerdt et d’Élisabeth Meermans. Jean Bouts se fixa à Malines, alors la rési- dence favorite de Marguerite d’Autriche, gouvernante des Pays-Bas, qui protégeait si puissamment les arts. Il s’y trouvait établi à la date du 22 juin 1516. Nous ne possédons pas de renseignements sur les travaux de l’artiste. Il est cité encore comme peintre de figures dans un acte du 30 janvier 1518. Jean Bouts mourut avant le 26 juillet 1531, laissant une fille mineure, appelée Marguerite Bouts (Grietken Bouts), sur le sort de laquelle nous sommes sans renseignements.

Ed. van Even.

Registres des trois chambres échevinales de Louvain.

*BOUTS (Thierri), peintre célèbre, né à Harlem en 1391(?), mort en 1475, quelquefois appelé Thierri de Harlem et quelquefois aussi, mais mal à propos, Thierri Stuerbout. Thierri Bouts, en flamand ou hollandais, Dieric ou Dirk Bouts, l’un des meilleurs peintres de l’école flamande-hollandaise du XVe siècle, peut être considéré comme appartenant à notre pays, car ce fut en Belgique qu’il passa au moins les vingt-cinq dernières années de sa vie et qu’il exécuta ses principales œuvres. Dans l’histoire des arts il a toujours été connu, jusqu’à notre temps, sous le nom de Thierri de Harlem, que lui donnent Guicciardin, Lampsonius et Van Mander, qui a le mérite de nous révéler son lieu de naissance. Cette désignation fut employée de son vivant même, et son nom patronymique n’a pas encore été retrouvé dans des actes étrangers à Louvain, tandis que plusieurs actes de cette espèce nous parlent d’un Thierri de Harlem, qui figure, en 1462, parmi les membres de la confrérie de la Sainte-Croix dans l’église de Saint-Jacques sur Caudenberg, à Bruxelles, qui fut affilié à la communauté des chanoines réguliers de Rouge-Cloître, et déposa, le 15 décembre 1467, dans une enquête ouverte à charge de deux magistrats de la ville de Bruxelles. A cette dernière époque, il avait, d’après sa propre déclaration, atteint l’âge de soixante-seize ans; il serait donc né en 1391.

Dans la Chronique de Delft, et dans l’inventaire des tableaux de Marguerite d’Autriche, notre artiste apparaît sous le nom de Dirk ou Thierri, de même qu’on désignait simplement Jean van Eyck sous le nom de Jean et Vander Weyden, sous celui de Roger. La Couronne Margaritique de Lemaire le qualifie de Thierri de Louvain, dénomination qui se justifie par le long séjour de l’artiste dans cette ville, où il se maria, devint le peintre de la commune et mourut. On en a voulu conclure qu’il y était né; mais il est aujourd’hui établi que Bouts était étranger à Louvain, puisqu’il n’y avait pas de parents; on sait d’ailleurs qu’il n’était pas Brabançon d’origine. Une confusion de noms, qui paraît assez ancienne, a fait donner à Bouts le nom de Stuerbout, qui doit être réservé à deux artistes louvanistes ses contemporains, artistes d’une moindre valeur, mais qui méritent cependant une mention honorable : Hubert Stuerbout et son fils Gilles. Ce point est désormais hors de contestation. Le savant Molanus a également induit en erreur les érudits, en donnant la date de 1470 pour l’époque de la mort de Bouts et en attribuant à son fils aîné, Thierri, l’exécution des tableaux de l’église Saint-Pierre, de Louvain. Sauf ces deux indications, dont l’auteur de cet article a prouvé la fausseté, le passage de l’Histoire de Louvain de Molanus où il est parlé de Bouts est curieux et intéressant.

On sait peu de chose de la première partie de la vie de Bouts. A Harlem, il