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Gods Maria te Laken. Brussel, H. Anthoon, 1624, in-8°, 279 pages. L’auteur, qui paraît érudit, y retrace l’historique de l’église de Laeken et énumère les miracles qui s’y sont opérés par l’intercession de la Vierge Marie. La deuxième partie de l’ouvrage rappelle, sous une forme bizarre, les témoignages rendus depuis les temps les plus reculés au culte de la mère de Notre-Seigneur Jésus-Christ. Il est à remarquer que les prêtres oratoriens, qui avaient une maison à Laeken, s’occupèrent beaucoup du même sujet. Jean Gurnez, prêtre de l’Oratoire, mort en 1652, prit ce livre pour base de sa Laca Bruxellense Subur banum (Bruxeles, 1647,in-4°). L’œuvre dont Van Beneden était l’auteur et qui fut publiée en espagnol en 1635, n’est pas sans une certaine importance à cause de l’influence qu’exercèrent les contestations dont la cure de Laeken fut l’objet lors des fameux débats entre les molinistes et les jansénistes au xviie siècle à Bruxelles, contestations auxquelles les Oratoriens furent activement mêlés.

Bon de Saint-Genois.

A. Wauters, Environs de Bruxelles, t. II, pp. 354-358. — Piron, Levensbescryving.

BENEDICTUS, compositeur, né vraisemblablement à Bruges, vers 1480. Voir Ducis (Benoît).

BENING (Alexandre) ou BENINC, dessinateur à la plume et enlumineur, florissait à Gand et à Bruges, de 1469 à 1500 ; il mourut à Gand en 1519. Un acte passé par-devant les échevins du chef-collége gantois, le 19 janvier 1468, style de Flandre (1469 n. s.), nous apprend qu’Alexandre Bening s’affilia, vers cette date, à la corporation des peintres et sculpteurs à Gand, afin d’y obtenir la franchise de profession. Il dut se soumettre aux conditions imposées par le métier plastique, en vertu de l’ordonnance scabinale du 13 juin 1463, et se reconnut débiteur du quart de la taxe ordinaire d’admission des peintres et des miniaturistes. Jadis, les calligraphes rubricateurs, les dessinateurs à la plume et les enlumineurs d’images avaient exercé en pleine indépendance, libres de tout lien de métier, leur état spécial, leur talent semi-artistique, quelquefois remarquable ; mais lorsque, dans leur travail, le pinceau, qu’ils n’employaient primitivement qu’aux rehauts de leurs tracés et dessins à la plume, se substitua presque entièrement à celle-ci, les réclamations des peintres et des miniaturistes surgirent contre cette pratique. Le magistrat communal, faisant droit à leurs doléances, mit un terme à cet empiétement illicite. Les enlumineurs furent dès lors astreints à l’achat de la maîtrise : à Bruges, en 1454, à Gand, en 1463. Ce fut comme enlumineur, exécutant l’imagerie à la plume et au pinceau, qu’Alex. Bening fut admis dans la corporation de Gand, en 1469, et non comme miniaturiste, travaillant pour les missels et les manuscrits. La miniature y fut de tout temps assimilée à la peinture. Parmi les répondants qui, selon l’usage, se portèrent les cautions d’Alexandre Bening, figurait l’éminent peintre gantois Hughes Vander Goes, dont il épousa une sœur un une parente du même nom patronymique ; Catherine Vander Goes.

Dix-sept ans après, en 1486, la matricule de la gilde de Saint-Luc et Saint- Eloi, à Bruges (métier des peintres, sculpteurs et selliers), enregistrait aussi Alex. Bening, en qualité de confrère. Il y paya la contribution annuelle en 1486, 1487 et 1500. Il revint ensuite à Gand, où il est mort en l’année échevinale 1518-1519 (du 15 août 1518 au 15 août 1519). Sa veuve, Catherine Vander Goes, et ses fils : Mre Simon Bening, le miniaturiste ; Mre Paul Bening, sur lequel on n’a aucune notion biographique, et leur sœur Cornelie Bening, unie en premières noces à André Haliberton, à Anvers, et y remariée avec le médecin Mre Jean Vanden Gheere, se portèrent héritiers ; les enfants d’Alex. Bening payèrent le droit d’issue sur la moitié de la succession paternelle, à cause de leur non résidence à Gand. Peu de temps après, Catherine Vander Goes suivit son époux dans la tombe. Mre Simon Bening et sa sœur Cornélie, seuls héritiers, soldèrent le droit des étrangers sur la succession maternelle. Leur frère, Mre Paul Bening, n’y participa point. Ces particularités sont consignées dans les comptes de la