Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 3.djvu/117

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qu’Érasme qui, dans son Panégyrique de Philippe le Beau, prononcé à Bruxelles en 1504 devant les États de Brabant, a comparé le rôle de l’habile précepteur de l’archiduc à celui des sages qui furent les amis des rois de l’antiquité, et a félicité la maison d’Autriche d’avoir joui de ses services. On lui faisait dire dans son épitaphe de la Charteuse de Louvain :

Ad mea rex magnus lusit rudimenta Philippus.
Felix Nève.

Val. André, Collegii trilinguis exordia ac progressus, etc., pp. 3-4 et pp. 31-33. — Erasmi, Opera, édit. Le Clerc, t. IV, 1703, in-fol, col. 528-529. — Mémoire sur le collége des Trois Langues, pp. 38,39. — Molanus, Rerum Lovaniensium, libri XIV, p. 296.

BUSLEIDEN (Jérôme), HIERONYMUS BUSLIDIUS, écrivain latin et protecteur des lettres, conseiller d’État et dignitaire ecclésiastique, fondateur du collége des Trois-Langues, à Louvain, au commencement du XVIe siècle. Troisième fils de Gilles Busleiden et de Jeanne de Musset, il naquit à Arlon vers 1470, et il suivit les traces de son frère François qui s’était voué à de fortes études avant de se mettre au service de l’Église. Il avait montré un goût précoce pour les lettres, qui ne fit que se développer à Louvain, pendant ses cours de philosophie, de théologie et de droit. Il eut l’avantage de voyager en Italie dans sa jeunesse, et c’est à Bologne qu’il prit, vers 1498, le grade de docteur ès droits (J. U. Doctor). Sa carrière fut dès lors partagée entre deux vocations qui ne se contrarièrent pas l’une l’autre. De retour en Belgique vers l’an 1503, il jouit d’un grand crédit auprès de l’empereur Maximilien et de ses ministres; il fut bientôt appelé au conseil souverain de Brabant; il reçut tour à tour plusieurs titres ecclésiastiques qui lui assuraient des bénéfices, ceux de chanoine de Saint-Rombaut, à Malines, de Sainte-Waudru, à Mons, de Saint-Lambert, à Liége, celui de trésorier de Sainte-Gudule, à Bruxelles, et de prévôt de Saint-Pierre, à Aire, en Artois (prœpositus Ariensis); c’est ce dernier titre qu’il mit toutefois au-dessus de tous les autres. Homme d’une éducation distinguée, d’un esprit cultivé, versé dans les questions de droit public agitées alors dans les conseils des princes, Jérôme Busleiden était du nombre de ceux qui représentaient le mieux le souverain de leur pays dans le personnel d’une ambassade; il se rendit avec des missions diplomatiques de Maximilien dans plusieurs cours, à Rome auprès du pape Jules II, en France et en Angleterre an commencement du règne de François Ier et de Henri VIII. Mais le conseiller, le sénateur, comme on nommait les membres du grand Conseil, faisait place à l’érudit, à l’écrivain, dans les loisirs que lui laissaient ses correspondances et ses fonctions publiques. Ayant fixé sa résidence à Malines, Busleiden fit de sa demeure un musée fort riche en livres, en antiquités, en objets d’art, et c’est là qu’il reçut la visite de plusieurs savants étrangers, Thomas Morus, par exemple, qui rendirent hommage au savoir et au discernement du dilettante. Son hôtel était un bâtiment remarquable, qui a été affecté dans les derniers temps au mont-de-piété, et dont la façade gothique a été restaurée en 1862 aux frais de la commune de Malines, sous la direction de l’architecte Schadde. Il trouva moyen de satisfaire en même temps son vif amour des lettres classiques, en s’occupant de lectures dans les langues grecque et latine, et en composant lui-même grand nombre de pièces en vers et en prose, discours, inscriptions. épîtres, ayant trait à ses relations d’amitié dans le pays et à l’étranger. On a conservé un recueil assez complet de ses essais littéraires (Carmina, epistolœ, orationes) appartenant aujourd’hui aux manuscrits de la Bibliothèque royale de Bruxelles; peut-être sera-t-il donné à l’auteur de la présente notice de faire connaître un jour les pièces les plus remarquables de ce recueil qui justifient les nobles préoccupations de l’érudit. Le sénateur de Malines avait de fréquents rapports avec les maîtres de l’Université de Louvain, et il n’avait cessé en toute occasion d’exciter leur zèle pour la culture des belles-lettres lorsqu’elle se propageait du midi au nord de l’Europe à l’exemple de l’Italie. C’est sur eux qu’il comptait pour lui venir en aide dans ses généreux desseins de Mécène et de pro-