Page:Biographie nationale de Belgique - Tome 3.djvu/78

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le but qu’il a voulu atteindre en publiant ces Icones, est de donner aux jeunes gens des modèles de conduite qui les excitent à s’appliquer de bonne heure à la vertu, etc. Il exhorte les parents à bien élever leurs enfants et finit par rappeler sa propre histoire et ce qu’il doit à son art. Le tome III de cette collection n’est pas de Boissard, mais des deux fils de Théodore de Bry, Jean-Théodore et Jean-Israël, ainsi qu’ils nous l’apprennent eux-mêmes dans la préface. — Les autres ouvrages de Boissard illustrés par De Bry sont : Vitæ et Icones Sultanorum, etc., Francfort, 1596; Historia chronologica Panoniæ, etc., Francfort, 1608; Theatrum vitæ humanæ, Francfort, sans date; Romanæ urbis topographia, etc., 1597-1602; Parnassus, etc., Francfort, 1601; — Onuphrii Panvinii, etc., cum imaginibus antiquœ, etc., Francfort, 1627.

L’ouvrage qui a principalement illustré le nom de De Bry est cette publication, nommée les Grands et petits voyages, dont l’importance exige un rapide examen. En 1587, un savant anglais, le voyageur Richard Hackluyt, conseilla à De Bry d’entreprendre ce livre pour lequel il lui procura des dessins ayant pour sujet l’Amérique et ses habitants. Si l’on veut bien se rappeler l’époque à laquelle De Bry mit cette proposition immédiatement en œuvre, on comprendra l’énorme succès de son entreprise. Il fit cette collection simultanément en français, en latin et en allemand. Les six premières parties parurent de 1590 à 1596. Les sept autres parties furent achevées par ses fils et par Mathieu Mérian, gendre de Jean Théodore de Bry.

On trouvera dans Becdelièvre, une appréciation très-bien faite et très-détaillée de ce vaste et précieux ouvrage dont voici le titre : Collectiones peregrinationum in Indiam Orientalem et Indiam Occidentalem XXV partibus comprehensœ; opus illustratum figuris Ænœis fratrum De Bry et Meriani. Francofurti ad Mænum, 1590 et ann. seqq. ad annum 1634; 7 vol. in-folio. Le nom de Grands et petits voyages a été donné à cette collection, à cause de la différence du format des volumes qui la composent.

L’abbé de Fontenay (1776), le premier qui ait imprimé sur cet artiste une notice d’une certaine valeur, dit : « Quoiqu’on mette Théodore de Bry au rang des petits maîtres, il a cependant gravé plusieurs morceaux d’histoire et d’ornements que les amateurs recherchent avec raison. » Mariette qui a écrit, mais non imprimé avant l’abbé de Fontenay, donne sur les De Bry des indications précieuses d’où il résulte, comme complément à ce qui précède, que Théodore est mentionné par lui comme ayant été orfèvre et contrefaisant admirablement les médailles antiques. « M. Hardion, dit Mariette, m’en a fait voir quelques-unes à Versailles, dans le cabinet du roi. » Théodore avait pour marque une fourmilière avec cette devise : Nul sans soucy, de Bry. On la trouve autour du portrait de De Bry placé en tête des antiquités de Boissard, avec ces mots : Ætat. LXIX, a° 1597, et une pièce de vers à sa louange. Il signait quelquefois, dit Brulliot, ses gravures de l’anagramme (?) Torcumas Brianceus.

Le Blanc donne deux cent douze numéros au catalogue de l’œuvre de Théodore de Bry. Ce chiffre doit être très-considérablement augmenté. Faisons toutefois observer que les biographes et les catalogueurs ont souvent confondu les œuvres du père avec celles du fils; tous deux ont du reste maintes fois travaillé ensemble. Enfin, terminons ce que nous avons à dire de cet artiste célèbre et fécond, en faisant remarquer que sa fécondité même nuisit à son burin qui est généralement un peu sec.

Ad. Siret.

BRY (Jean-Théodore DE), graveur, fils de Théodore, né à Liége d’après Becdelièvre et à Strasbourg d’après Mariette, en 1561, mort à Francfort, en 1623. Il fut associé aux nombreux travaux de son père, surtout aux Grands et petits voyages, et continua, après la mort de celui-ci, à diriger et à exploiter celles de ses publications qui étaient restées incomplètes. Pour la gravure des planches, il fut aidé par son frère, Jean-Israël cadet et, pour l’exploitation, par le célèbre libraire Mathieu Mérian qui avait épousé une de ses filles. Cet artiste résida à Francfort et à Oppenheim et prit successivement, sur ses