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VIE ET ŒUVRE

et il veut me garder auprès de lui, mais ce n’est pas encore décidé.

« Pardon, chère tante, que je vous écris si peu, je n’ai pas encore la tête à moi : cette grande et belle ville, toutes ces présentations, l’opéra italien, le théâtre français, les deux jeunes Gortchakof qui sont de très braves garçons… de sorte que je ne suis pas resté deux heures chez moi et je n’ai pas pensé à mes occupations.

« 22 mars. — Hier, j’ai appris que je ne reste pas auprès du prince, mais je vais, à Oltenitza, rejoindre ma batterie [1]. »

Deux jours après il écrit de nouveau, déjà sous une autre impression :

« Tandis que vous me croyez exposé à tous les dangers de la guerre, je n’ai pas encore senti la poudre turque, et je suis très tranquillement à Bukarest à me promener, à faire de la musique et à manger des glaces. En effet, tout ce temps, excepté deux semaines que j’ai passées à Oltenitza, où j’ai été attaché à une batterie et une semaine que j’ai passée en courses par la Moldavie, la Valachie et la Bessarabie, par ordre du général Serjpoutovsky auprès duquel je suis à présent attaché comme ordonnance, je suis resté à Bukarest et à vous avouer franchement ce genre de vie un peu dissipé, tout à fait oisif et très coûteux que je mène ici me déplaît infiniment. Auparavant, c’était le service qui m’y rete-

  1. Lettre en français dans l’original.