Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/238

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ceux qui s’appuyaient sur l’insuffisance du domaine privé la production des pièces justificatives… la Chambre ne prêta une attention bienveillante qu’à M. de Montalivet, ministre personnellement dévoué au roi et le plus âpre des orateurs de la Cour. M. de Montalivet exposa d’abord avec habileté que les ressources de la royauté ne devaient point être séparées de leur application nécessaire, le roi des Français ayant naturellement des actes de bienfaisance à accomplir, des récompenses à donner, des encouragements à distribuer aux savants et aux artistes des palais à restaurer ou à embellir. Mais, quand il en vint aux attaques provoquées par la présentation des lois de famille, il fut acerbe, accusateur, et s’attira une réponse terrible. Faisant allusion aux pam phlets de M. de Cormenin, il avait prononcé le mot calomnie. Aussitôt M. de Cormenin se lève et fait signe qu’il veut parler de sa place. On savait combien il était intimidé par la tribune : on espère l’accabler s’il y monte, et de tous les bancs ministériels s’élève ce cri : A la tribune ! à la tribune ! Étonné interdit, M. de Cormenin se consulte, il promène autour de lui des regards troublés, il hésite. Mais les clameurs redoublant, encouragé par ses amis, il se risque enfin, et, appuyant sur le marbre de la tribune où on l’entraîne ses mains qui tremblent d’émotion : « Je repousse, dit-il en s’adressant à M. de Montalivet, les inculpations qui viennent de tomber de votre bouche. S’il y a calomnie dans l’évaluation des chiffres énoncés par vous, la calomnie vient de vous, non de moi. Car c’est dans un méchant pamphlet de police intitulé La liste