Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/272

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


tirailleurs turcs attendaient les Français, qu’ils accueillirent par une fusillade aussi vive qu’imprévue. Mais les Zouaves s’élançant avec violence, enivrés déjà par l’odeur de la poudre et frémissants, l’ennemi se replia en désordre dans la ville, et l’on put procéder aux préparatifs du siège.

Il fut reconnu sur-le-champ que la place devait être attaquée par le plateau de Koudiat-Aty, pendant que trois batteries de gros calibre, établies sur celui de Mansourah, prendraient d’enfilade et de revers les batteries du front d’attaque. Tout fut disposé en conséquence. Conduites par le général Rullières, la troisième et la quatrième brigade franchirent le Rummel, sous le feu de la place, et prirent position à Koudiat-Aty; de toutes parts les travaux commencèrent, poussés avec une activité que protégeait un courage inébranlable. Car les Arabes ne se contentaient pas d’envoyer la mort aux travailleurs du haut des remparts et tandis que Ahmed, glissant de colline en colline, lançait sur nous ses cavaliers, Turcs et Kabiles accouraient du fond de Constantine, et contre les divers points de la courbe décrite autour d’eux venaient se briser en rugissant. Et puis, comme en 1836, le ciel semblait s’être déclaré contre les Français. La pluie tomba par torrents. Les passerelles jetées sur le Rummel furent emportées. Les sacs à terre, que les soldats se passaient de main en main, n’arrivaient à destination que remplis d’une fange liquide. A Mansourah, la terre, changée en boue, refusant à l’artillerie un appui suffisamment solide trois pièces versèrent dans un ravin et ne furent relevées que par les