Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/35

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au Cabinet des Tuileries. Cependant, les Cours étrangères s’émurent, et aussi audacieuses alors qu’elles l’étaient peu en 1830, elles prirent la résolution de braver, par une manifestation collective, la Grande-Bretagne et la France.

On sait comment le congrès de Vienne, congrès de rois fut le berceau de la république de Cracovie. L’Europe étant devenue, en 1815, une proie saignante à partager entre les plus forts, l’Autriche et la Prusse se disputèrent la possession de Cracovie, dont elles avaient besoin toutes deux pour clore, l’une la Gallicie, l’autre la Silésie. De son côté, le Cabinet de Saint-Pétersbourg couvait d’un regard inquiet la ville en litige. On ne put s’entendre, et, pour que Cracovie n’appartînt à personne, on décida qu’elle s’appartiendrait. Ainsi érigée en république par l’égoïsme de trois monarques rivaux et jaloux, elle n’avait pas tardé à devenir, par ses institutions politiques, son langage, ses croyances religieuses, son université, le sanctuaire de la nationalité polonaise. Neutre en 1830, et, en 1831, occupée, rançonnée, foulée aux pieds par le général Rudiger, elle avait recueilli et conservait les derniers débris de la Pologne accablée. Ce fut par la violation brutale de son indépendance que les Cabinets de Saint-Pétersbourg, de Vienne et de Berlin, résolurent d’insulter le gouvernement français.

Le projet d’occupation fut communiqué à M. de Broglie dans les premiers jours du mois de février 1836. Il quittait les affaires, et il dut, par conséquent, se borner à recevoir la communication. Mais