Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 5.djvu/41

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


plus forts, plus décisifs que jamais; et deux causes, futiles en apparence, rendaient son obstination intraitable.

Depuis le jour où lord Palmerston, avec une légèreté arrogante, l’avait fait attendre dans son antichambre, M. de Talleyrand avait juré au Cabinet whig une haine implacable. Pour détourner ce faible esprit de l’alliance anglaise, qu’il avait d’abord voulue, et dont il avait tiré vanité aux yeux de l’Europe, quoiqu’il se fût montré incapable de la nouer, il avait sum d’un procédé injurieux. M. de Talleyrand repoussait donc l’intervention en Espagne, sans autre but que d’humilier lord Palmerston. Rancunes misérables, qui servaient à merveille la répugnance que le roi éprouvait pour le ministre anglais Il est certain que lord Palmerston réunissait en lui les défauts les plus antipathiques à Louis-Philippe. la fatuité, l’amour-propre dans les affaires, le goût du bruit, une activité tracassière et imprudente. Bientôt lord Palmerston ne fut plus considéré aux Tuileries que comme un brouillon, que comme un homme éminemment propre à gâter la paix, Et telle était, du reste, l’opinion qu’on avait de lui dans presque toutes les Cours de l’Europe, auxquelles il était devenu odieux.

D’un autre côté, le roi s’était laissé insensiblement détacher de l’alliance anglaise par les adroites flatteries de M. de Metternich. Le vieux courtisan autrichien ne cessait de dire que Louis-Philippe était le plus grand homme qui eût, depuis bien longtemps, occupé le trône; que sa gloire était dans sa sagesse que sa force lui venait de son amour invariable