Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/107

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mençait à s’effacer, n’avait-elle pas réapparu dans l’imagination de ce meurtrier qui se croyait bêtement dénoncé par elle ? L’avant-veille de son mariage, ― on vient de le voir, ― l’obsession était revenue plus forte, le poussant à la folie, le faisait errer tout un jour, comme un fugitif, dans ce Paris qu’il n’habitait pas, jusqu’à l’heure terrible où il avait enfin trouvé l’énergie de commander ses billets de mariage à cet imprimeur de Vaugirard qui avait certainement deviné son crime.

C’était bien la peine d’avoir été si malin, si débrouillard, d’avoir si bien dépisté la justice et d’avoir, contre toute espérance, obtenu la main d’une femme qu’on idolâtrait, pour en arriver à cette misère d’être fréquenté par des hallucinations !



L’ivresse des premiers jours ne fut qu’un répit. Les fines cornes du croissant de la lune de miel des nouveaux époux n’avaient pas encore cessé de piquer l’azur, qu’il se produisit un germe de tribulation.

Alcibiade, un matin, découvrit le portrait du marchand de parapluies. Oh ! une simple photographie qu’Antoinette avait innocemment acceptée de lui lorsqu’elle se croyait à la veille de l’épouser.

Le dentiste outré de fureur la mit en pièces aus-