Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/150

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levard de Grenelle redouté des sages, et l’horreur de tomber dans un conflit de pochards l’inclinait à choisir le boyau malpropre à l’extrémité duquel il se croyait sûr de trouver un plus paisible vallon pour le cours de ses rêveries amoureuses.

Il sortait des bras de sa maîtresse et sentait le besoin de cuver sa paillardise dans la somnolence d’un retour sans perturbation.

— Eh bien ! te décides-tu, oui ou non ? dit une voix abjecte qui cherchait à se faire aimable.

Maxence, alors, vit se détacher du mur le plus proche une grosse femme qui vint lui offrir la denrée précieuse de son amour.

— Je ne te prendrai pas cher, va, et je ferai tout ce que tu voudras, mignon.

Elle défila le programme. Le rôdeur immobile écoutait cela comme il eût écouté battre son cœur. C’était stupide, mais il n’aurait pu dire pourquoi cette voix le remuait. Il n’aurait pu le dire, le pauvre homme, quand même il se fût agi de sauver sa peau. Cependant son trouble était bien certain. Et ce trouble devint une angoisse insupportable, quand il sentit son âme s’en aller à la dérive sur ce boniment d’ignominie qui le portait comme un reflux vers les amonts les plus lointains de son passé.

Souvenirs de suavité merveilleuse que cette façon de reparaître profanait indiciblement ! Les impressions de son enfance avaient été quelque chose de