Page:Bloy - Histoires désobligeantes.djvu/365

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dans cet aliment. On ne connaît pas l’Amour universel parce qu’on ne voit pas la réalité sous les figures…

Il me parla ainsi très longtemps avec une grande foi, un grand, amour et je vous prie de le croire, avec une divination merveilleuse du Symbolisme chrétien que j’étais infiniment éloigné d’attendre de lui. Je dois beaucoup à cet homme simple, qui me donna, en quelques entretiens, la clef lumineuse d’un monde inconnu.

Je vous assure qu’il était prodigieux quand il parlait des animaux. Plus rien des grands éclats déchirants de sa première confidence, plus de tempête, plus de météore douloureux. Un calme divin, et quelle candeur !

Paisiblement, il s’allumait comme une toute petite lampe d’accouchée dans une demeure gardée par les anges. En l’écoutant, je me souvenais de ces Bienheureux qui furent les premiers compagnons du Séraphique, dont les mains pleines de fleurs ont parfumé l’Occident, et je revoyais aussi tous les autres Saints de jadis, dont les pitoyables pieds nous ont laissé quelques grains du sable des cieux.

Le peu que je vous ai rapporté de ses paroles a dû vous faire entrevoir qu’il ne s’agissait pas de ces transports imbéciles qui sont peut-être le mode le plus dégoûtant de l’idolâtrie. Les animaux étaient pour lui les signes alphabétique de l’Extase. Il lisait