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IV

LE PARLOIR DES TARENTULES


à P. N. Roinard.


Ce fut chez Barbey d’Aurevilly, en 1869, au temps de ma jeunesse radieuse, que je rencontrai ce poète. Il m’intéressa tout de suite par ses cheveux et son coup de gueule.

C’était un hirsute blanc dont le port de tête continuel semblait un défi à tous les tondeurs. Bien qu’il eût à peine quarante ans, l’épaisse toison couleur de neige qu’il secouait dans les vents lui donnait, à quelque distance, l’aspect d’un Saturne pétulant ou d’un Jupiter de la panclastite prématurément