Page:Bloy - La femme pauvre.djvu/388

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pour le laisser passer, et son Amour est si fort que, pendant la nuit, on le prendrait pour cette colonne de feu qui marchait en avant du Peuple Hébreu.

Il ne connaît pas la fatigue et ne craint aucune sorte de dénûment. Depuis plus de cent ans qu’il cherche, il n’a pas eu une heure de tristesse. Au contraire, plus il devient vieux et plus il se réjouit, car il sait qu’il ne peut mourir sans avoir trouvé ce qu’il cherche.

Mais voici que le moment approche, sans doute. Il a tellement fouillé le globe qu’il n’y a plus un seul coin, fût-ce le plus infâme ou le plus horrible, que son Espérance n’ait visité. Il a parcouru le fond des fleuves et cheminé dans le lit des mers.

Jugeant alors qu’il est arrivé, il s’arrête pour la première fois, et meurt d’amour dans un cimetière de lépreux, au milieu duquel est l’Arbre de Vie et où se promène, comme nous, au milieu des tombes, l’Esprit du Seigneur.


XXV

Deinde sponsæ videbatur, quod quasi locus quidam terribilis et tenebrosus aperiebatur, in quo apparuit fornax ardens intus. Et ignis ille nihil aliud habebat ad comburendum nisi dæemones, et viventes animas.

« Supra vero fornacem istum apparuit anima illa, cujus judicium jam in superioribus auditum est. Pedes vero animæ affixi fuerunt fornaci, et anima stabat erecta quasi