Page:Bloy - Le Sang du pauvre, Stock, 1932.djvu/116

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enfants de venir embrasser leurs pères, les misérables travaillent sans pardon à l’extraction du minerai diamantifère. Si, tentés par l’exorbitante valeur des pierres et l’apparente facilité de les dérober, quelques-uns succombent, ils doivent s’attendre à des châtiments affreux, si leurs maîtres les surprennent. Leur sang, alors, s’ajoute au torrent de sang préalablement répandu pour la conquête monstrueuse de ce pays, transformé en une colonie de l’enfer par l’avarice de quelques banquiers.

La surveillance y est diabolique. Il y a, ô mesdames, la chambre de purge ! Quand un de ces forçats plus ou moins volontaires est libéré, avant de sortir il lui faut passer par là. Car les malheureux en avalent quelquefois, de ces cailloux merveilleux qui valent des prairies et des forêts. La chambre de purge les en délivre. Les mondaines parfumées, fières de leurs bijoux, peuvent, sans courbature d’imagination, évoquer ce riant décor. Évacuateurs et fouilleurs travaillent pour elles. L’éblouissement des mangeuses d’hommes et la réalisation de leurs plus beaux rêves est dans cette chambre. Leur