Page:Bloy - Le Sang du pauvre, Stock, 1932.djvu/119

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


sont faits plongeurs. Au signal de la plonge, hommes, femmes et enfants se précipitent. Ceux que les squales ne dévorent pas, ceux qu’épargne la congestion ou l’apoplexie, sont tués par la phtisie, par l’alcool ou emportés par de très-fréquents cyclones. Ainsi meurt la race Maorie, une des plus belles du monde.

À Ceylan ou dans le golfe Persique, c’est encore pis. Tous les ans, douze mille bateaux prennent part à la pêche qui emploie environ trois cent mille hommes dont la moitié sont des plongeurs. Beaucoup périssent par le refroidissement dans des eaux extrêmement froides en ces endroits de la mer où la température extérieure est cependant la plus élevée du globe. Les autres sont, plus ou moins, la proie des requins. Soudain l’équipage d’une barque voit un remous violent qui agite les flots. L’eau s’empourpre. C’est un plongeur qui vient d’être coupé en deux, accident banal qui ne vaut pas d’être consigné. Un modeste collier de perles de soixante mille francs est l’addition du déjeuner de soixante requins et représente la