Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/203

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Quoi y faut dir’ ? Quoi y faut faire ?
J’ai mêm’ pus la force ed’pleurer.
J’sais pas porquoi j’suis sur la Terre
Et j’sais pas porquoi j’m’en irai.

Puis enfin le geste remontant et suprême des deux mains crispées ensemble, au-dessus de la clavicule, pendant que la face, tout à fait jetée en haut, implore désespérément :

Seigneur mon Guieu, sans qu’ça vous froisse,
J’vous tends mon cœur, comm’la Pucelle,
Et pis mes bras chargés d’angoisse,
Lourds du malheur universel !

Le pauvre homme est si éperdu qu’il demande « la liberté » ! cette salope soixante-dix-sept fois infâme de liberté qu’il faut prendre de force et mener au lit à coups de bottes, car elle ne se donne jamais qu’aux pourceaux ou aux assassins.

Après cela, il ne reste plus qu’à mourir. Mais auparavant il voudrait tant voir la Maison des pauvres « ousqu’on trouv’rait miséricorde » !

Eun’ Mason, Seigneur, un Foyer
Où y aurait pus à travailler,