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L’AU DELÀ ET LES FORCES INCONNUES

m’est pas personnelle, car heureusement pour mon présent, je n’étais pas encore de ce monde). Madame B… était mourante de je ne sais quelle maladie rapide, et d’autant plus mourante que, comme vous le savez, à ces époques reculées, on soignait encore par la diète. La pauvre malade, une jeune femme, n’avait donc pas mangé depuis presque le début de son mal, c’est-à-dire, je suppose, quatre ou cinq jours. Elle avait auprès d’elle son mari et une garde. Il était deux heures. Depuis midi, elle sommeillait comme sommeillent les mourants, lorsque tout d’un coup elle se réveille en sursaut, se dresse sur son séant et s’écrie, haletante d’effroi : — Ô mon Dieu, quel malheur ! Le duc d’Orléans vient de se tuer. — Sans prononcer un mot de plus, elle retombe en arrière sur son oreiller où la reprend son sommeil comateux. Notez que par crainte de la contagion, car je crois bien qu’il s’agissait du choléra qui, paraît-il, depuis 1832, faisait de fréquentes apparitions, depuis le début de sa maladie, on n’avait admis personne auprès d’elle. Sa garde qui la veillait ne l’avait pas quittée de-