Aller au contenu

Page:Borel - Rapsodies, 1868.djvu/56

La bibliothèque libre.
Cette page a été validée par deux contributeurs.

À NAPOLÉON THOM,
PEINTRE.


—


LA CORSE


    C’est tout simplement un peintre, Monseigneur, qui se nomme Romano, qui vit de larcins faits à la nature, qui n’a d’autres armoiries que ses pinceaux…
Schiller, Fiesque, act. II


Le maestral soufflait : la voûte purpurine
Brillait de mille feux comme une aventurine ;
Sur le bord expirait le chant des gondoliers ;
Un silence de mort planait sur ces campagnes.
Parfois, on entendait bien loin, dans les montagnes,
                Les sifflements des bandouliers.

La mer était houleuse ; et la vague plaintive
Se berçait, et rampait, et saluait la rive,
Comme ces flots de rois, tous abreuvés de fiel,
Saluaient le soldat fils de ce roc sauvage.