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Page:Borel - Rapsodies, 1868.djvu/85

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À ALPHONSE BROT,
POÈTE.



MA CROISÉE.


  J’écoutai longtemps, et je me persuadai bientôt
que cette harmonie était moi…
Buffon.


Oh ! que j’aime à rêver, seul, amoureusement,
À ma large croisée au vent du soir béante !
Libre de tous soucis, dans le vague flottante,
Mon âme alors s’entr’ouvre au plus doux sentiment.
Sous les doigts aimantins de ce muet délire,
Ma nature s’émeut, vibre comme un lyre !

Là, penché dans les fleurs d’un large abricotier,
Dont les rameaux épais attouchent les murailles,
De l’astre, roi du jour, j’assiste aux funérailles
Que célèbre au lointain la cloche d’un moutier,