Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/77

La bibliothèque libre.
Aller à la navigation Aller à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

C’est Jésus qui rouvre la tombe
Où, Lui-même, un jour est venu !
Holà ! bien vite, que l’on tombe
À genoux-nus sur le sol nu !

Dans vos lits-clos, couverts de laine,
Vous dormez, vous, les bienheureux ;
Les pauvres Âmes sont en peine,
Qui rôdent par les chemins creux !

Cinq morceaux de bois, vite, vite
Cloués sur quelques linceuls blancs :
Voilà, quand il faut qu’on les quitte,
Ce que nous laissent les vivants !

Vous, qui dormez dans la nuit noire,
Ah ! songez-vous de temps en temps
Qu’au feu flambant du Purgatoire
Sont, peut-être, tous vos parents ?

Ils sont là vos pères, vos mères,
Feu par-dessus, feu par-dessous,
Espérant, en vain, les prières
Qu’ils ont droit d’espérer de vous !

Songez-vous qu’ils disent peut-être
A tous les Chrétiens d’ici-bas :
« Priez pour nous sans nous connaître,
« Puisque nos gâs ne le font pas !