Page:Boucher de Perthes - De la misère.djvu/78

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Ces ateliers établis, il n’y aurait plus de prétexte pour tolérer les mendians ; tout individu valide qui continuerait à vaguer et à vouloir vivre sans travailler, serait arrêté et puni comme vagabond, c’est-à-dire enfermé pour un temps et contraint au travail, et après un certain nombre de récidives, envoyé dans une colonie fondée à cet effet dans un pays salubre ; car il s’agirait moins ici de châtier un coupable, que de sauver un homme et peut-être une famille.

Quant aux infirmes, c’est un devoir partout de les nourrir, et c’est une honte dans notre civilisation de les voir encore dans les rues et aux portes étaler leurs souffrances pour obtenir la conservation d’un reste de vie. Prévenons leur prière, secourons les chez eux ; augmentons le nombre des hospices, rendons plus vastes ceux que nous avons, et ouvrons en la porte à tous. Là pour ces vieillards même, pour ces estropiés, ayons des moyens d’occupation, des travaux qui ne soient pas incompatibles avec leur état. Manchots, boiteux, aveugles, ils peuvent être employés à quelqu’œuvre. Ce travail sera exigé moins pour le profit que vous en tirerez que pour le bien-être qui en résultera pour ceux qui y seront soumis ; car ce qui pèse peut-être le plus aux non valides, c’est leur désœuvrement, leur inutilité ; et vous maintiendrez ainsi le principe que nul ne doit vivre sans travailler.

Si à ces mesures les départemens ou les municipalités ajoutaient celle d’avoir des médecins pour visiter, même dans les campagnes, les malades que n’auraient pu recevoir les hôpitaux ou qu’on ne pourrait y transporter, on éviterait encore bien des angoisses, surtout si des remèdes étaient délivrés gratuitement. Ce qui ruine les familles, même celles où il y a le plus d’ordre, ce sont les maladies. Non-seulement alors le travail cesse et par conséquent le salaire, mais les dépenses augmentent. Il faut donc que les secours pour les pauvres alités soient