Page:Boucherville - Louise Chawinikisique, L'ami du peuple de l'ordre et des lois, 23 et 26 septembre 1835.djvu/12

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Un homme, il pouvait avoir 74 ans, les reins ceints d’une ceinture de cuir, et les épaules couvertes d’une peau de buffle, marchait à grands pas, près de la lisière du bois, paraissant profondément affecté. De temps en temps, il s’arrêtait devant une pierre, une espèce de borne informe, qui paraissait avoir été jetée là, comme par hasard. Dans le moment, il ne me vint pas même à l’idée, que ce pouvait être cette pierre qui fixait son attention ; tant il me semblait qu’elle devait exciter peu d’intérêt. C’est que, voyez-vous, j’ignorais moi aussi qu’elle rappelât un dévouement sublime. Souvent je m’y était assis, mais ce fut toujours avec la plus parfaite insouciance, sans même l’avoir choisie plutôt qu’une autre. Et vous-même, si vous avez été quelquefois vous promener au calvaire du Lac des deux Montagnes, vous devez l’avoir vue cette même pierre. Peut-être vous a-t-elle servi de siège ? Mais ce dont je suis certain, c’est qu’à coup sûr, vous n’avez jamais songé qu’elle rappelât un acte d’héroisme. Elle se trouvait tout juste à l’en-