Page:Bouilhet - Dernières chansons.djvu/114

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée


Il chantait ― oublieux du contrat qui sommeille ―
Je ne sais quel bateau, quelle étoile vermeille.
Quels chérubins frisés voltigeant dans l’azur !
C’était si doux ! C’était si vrai ! C’était si pur !
Les âmes y versaient tant d’amour ! « La Madone »
Rimait si gentiment avec « la fleur qu’on donne, »
Que j’avais peur de voir, pendant ce frais débit,
Germer des plumes d’ange au dos de son habit !…
Un employé rêveur murmurait : « Fantaisies !… »

— O misère !… en dépit des fausses poésies,
Malgré l’air bête et lourd du monsieur qui chantait,
L’enfant songeait, l’enfant écoutait, palpitait.
Son pauvre petit cœur gonflé de convoitises
Partait pour l’infini ― sur l’aile des sottises.
Et ce salon bourgeois, dont on se souviendra,
Prenait, à ses regards, des splendeurs d’Alhambra !