Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/46

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dant les XIVe et XVe siècles dirigea le parti aristocratique et lutta contre celles des Médicis et des Alberti. Pierre Albizzi, chef de cette famille, eut la principale part à l’administration de 1372 à 1378, et périt victime de la faction opposée, au moment où il se croyait sûr de la renverser. — Son neveu Thomas Maso Albizzi, ramena sa famille au pouvoir et vengea sa mort. Il gouverna avec gloire de 1382 à 1417 – Renaud Albizzi, fils de Maso, parvenu au gouvernement en 1429, entraîna Florence dans de folles entreprises et fut exilé en 1434, au retour des Médicis. Avec lui finit l’importance de cette famille.

ALBIZZI (Barthélémy), Franciscain, né à Rivano, en Toscane, mort en 1401, publia en 1399 les Conformités de S. François avec Jésus-Christ, livre singulier, dans lequel il égale le chef de son ordre au Fils de Dieu, et qui excita de grands scandales. Il fut réfuté par Erasme Alber, ami de Luther, dans l’Alcoran des Cordeliers.

ALBOIN, roi des Lombards de 561 à 573, régnait d'abord dans le Norique et la Pannonie (Autriche et Hongrie). En 568, appelé par Narsès et attiré par le beau climat de l'Italie, il franchit les Alpes, s'empara sans coup férir du nord de l'Italie, et y fonda le roy. lombard, dont il établit la capit. à Pavie. Rosemonde, sa femme, fille de Cunimond, roi des Gépides, qu'Alboin avait vaincu et mis à mort, le fit poignarder parce que, dans une orgie, il voulut la forcer a boire dans le crâne de son père.

ALBON, Castrum Albonis ; bourg de France (Drome), à 8 kil. N. E. de Saint-Valier; 1366 hab. Jadis ch.-l. d’une vicomté dont les titulaires devinrent par la suite les seigneurs du Dauphiné.

ALBON, maréchal de St-André. – V. SAINT-ANDRÉ.

ALBORDJ ou ELBOURZ, chaîne de mont. de la Perse, est parallèle à la côte S. de la mer Caspienne : pics très-hauts, dont le principal, l’Albordj proprement dit, a 5646m. L’Albordj était la montagne sainte des Persans : elle fut, suivant les traditions, la retraite de Zoroastre, et elle joue un grand rôle dans les mythologies locales. Il semble que la position de l’Albordj varia avec le pays occupé par les disciples de Zoroastre et qu’il y eut plusieurs montagnes saintes de ce nom. Tout indique qu’il faut chercher l’Albordj primitif sur les sommets de l’Himalaya. Dans la marche des peuples iraniens vers l'Occident, l’Albordj, comme toutes les dénominations locales de leur première patrie, marche pour ainsi dire avec eux.

ALBORNOS (Gilles Alvarez CARILLO), archevêque de Tolède, né à Cuença vers 1300, fut à la fois homme d’État et homme de guerre, et jouit d’un grand crédit à la cour d’Alphonse XI, roi de Castille, auquel il avait sauvé la vie à la bataille de, Tarifa. Disgracié par Pierre le Cruel, successeur d’Alphonse, il se réfugia auprès du pape Clément VI, : qui régnait à Avignon ; ce pape le fit cardinal. Innocent VI, son successeur, le chargea de replacer sous son obéissance Rome et tout le patrimoine de St-Pierre. Albornos réussit dans cette difficile entreprise, et ramena dans Rome Urbain V, successeur d’Innocent. Il mourut en 1367, à Viterbe, où il s’était retiré.

ALBREDA, comptoir du Sénégal, sur la rive dr. de la Gambie, près de son embouchure. Fondé par les Français en 1698, il a été cédé aux Anglais par échange en 1857. Culture des arachides.

ALBRET ou LABRIT, Leporetum, ch.-l. de cant. (Landes), à 24 kil. N. de Mont-de-Marsan ; 1018 hab. Jadis ch.-l. de la vicomté d’Albret, érigée depuis en duché (V. ci-après), et située en Gascogne, entre le Gabaret et le Marsan. Pays sablonneux ; forêts remplies de lièvres, d’où les noms de Leporetum, Lebret, et par corruption Albret.

ALBRET (duché d’), créé par le roi de France Henri II, en 1558, pour Antoine de Bourbon; réuni à la couronne par Henri IV, et donné en 1651 par Louis XIV au duc de Bouillon, en échange de Sedan et Raucourt. Il comprenait les anciennes vicomtés d’Albret et de Tartas, et quelques terres du Condomois et du Bazadois (partie des dép. de Lot-et-Garonne). Ch.-l., Nérac; autres places : Casteljaloux, Castelmoron, Albret, Tartas.

ALBRET (maison d'), une des plus nobles maisons du midi de la France, a pour chef Amanjeu, sire d Albret, qui vivait dans le XIe siècle, et dont les membres les plus connus sont : Arnaud Amanjeu, sire d'Albret, et vicomte de Tartas, qui épousa Marguerite de Bourbon, belle sœur du roi Charles V; – Charles, fils du précédent, sire d'Albret, comte de Dreux et vicomte de Tartas, cousin de Charles VI par sa mère : il fut fait connétable de France en 1402, et destitué en 1411 par la faction des Bourguignons; rétabli dans sa charge trois ans après, il commanda l'armée française à la fatale journée d'Azincourt (1415) et y perdit la vie – Jean d'Albret, qui devint roi de Navarre en 1494, par son mariage avec l'héritière de ce royaume (V. JEAN); – Jeanne d'Albret, fille de Henri II, roi de Navarre, petite fille de Jean et mère de Henri le Grand (V. JEANNE); – César-Phœbus d'Albret, comte de Miossens, qui fit ses premières armes en Hollande sous Maurice d'Orange, et devint maréchal de France en 1653. Il mourut en 1676, ne laissant qu'une fille; avec lui s'éteignit le nom d'Albret.

ALBUCASIS. V. ABOUL-CACEM.

ALBUFEIRA, v. de Portugal (Algarve), à 35 kil. O. de Faro ; 3000 hab. Port profond où entrent les plus grands navires ; citadelle ; batteries.

ALBUFÉRA, lagune d’Espagne, au, S. de Valence, et tout près de la Méditerranée, avec laquelle elle communique. Très-poissonneuse. Suchet battit près de ce lac et sous les murs de Valence le général Blake, qui capitula le 9 janvier 1812 ; cette victoire lui valut le titre de duc d’Albuféra.

ALBUHERA, vge d'Espagne, (Estramadure), à 26 kil. S. E. de Badajoz. Le maréchal Soult y livra le 16 mai 1811 au général Beresford, commandant les Anglo-Espagnols, une bataille très meurtrière.

ALBULA, nom primitif du Tibre, est commun à beaucoup de riv. des Alpes et des Apennins.

ALBULA (mont), en Suisse (Grisons), fait partie des Alpes rhétiennes, et donne naissance à une riv. d’Albula, qui se jette dans le Rhin à Thusis.

ALBULÆ ou ALBUNEÆ AQUÆ, eaux sulfureuses, à 4 kil. de Tibur (Tivoli), sortent d’un lac appelé auj. Lago di Solfatara. Ruines de thermes attribués à Agrippa, où sont auj. les Bains de Tivoli.

ALBUQUERQUE (Alph. d’), surnommé le Mars portugais, vice-roi des Indes orient., né en 1453, près de Lisbonne, d'une famille qui tirait son origine des roi de Portugal. C'est lui qui créa la domination des Portugais dans l’Inde. Il s’était déjà fait connaître par la découverte de l’île de Zanzibar (1503) et par la prise de Mascate (1507) et d’Ormuz (1508), lorsqu’il fut nommé vice-roi en 1509. Il fit dès 1510 la conquête de Goa, place très importante, qui devint le centre de la puissance et du commerce des Portugais en Orient. Bientôt après il soumit le reste du Malabar, l'île Ceylan, les îles de la Sonde et la presqu’île de Malacca ; en 1514, il reprit Ormuz, à l’entrée du golfe Persique. Il devint si puissant que les peuples et les monarques de l'Orient lui faisaient demander l’alliance et la protection du Portugal. Néanmoins, sa fin fut malheureuse : Lopès-Soarez, son ennemi personnel, ayant été nommé capitaine général de Cochin, il se crut disgracié et mourut peu à près à Goa, en 1551, au moment où il allait revenir en Europe. Albuquerque était actif, prévoyant, sage, humain, juste et désintéressé ; ses contemporains lui ont donné le glorieux surnom de Grand. Son fils Blaise-Alphonse d’Albuquerque a écrit son histoire d’après des documents originaux sous le titre. de Commentaires du grand Alph. d’Albuquerque. — Il y a eu quelques autres personnages moins célèbres de la même famille, notamment : don Juan-Alph. d’Albuquerque, qui fut d’abord le ministre et le favori de Pierre le Cruel, roi de