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comté de Dreux, qui passa à sa postérité. En 1147 il prit part à la 2e croisade. Il mourut en 1188. Ce prince accorda en 1159 une charte communale à la ville de Dreux, déjà depuis longtemps érigée en commune, et fonda la ville de Brie-Comte-Robert, ainsi appelée de son nom. — Son fils, Robert II, suivit Philippe-Auguste à la 3e croisade. Il fut père de Robert III, qui lui succéda, de Pierre Mauclerc, tige des ducs de Bretagne de la maison de Dreux (V. PIERRE MAUCLERC), et de Philippe, qui suit.

DREUX (Philippe de), évêque de Beauvais en 1176, mort en 1217, était fils de Robert II. Prélat belliqueux, il se croisa deux fois, fut pris par les Musulmans à St-Jean-d'Acre en 1190, et, à son retour, combattit les Anglais, qui le firent prisonnier près de Milly (Seine-et-Oise) en 1196. Il prit part à la croisade contre les Albigeois, 1210, et se signala en 1214 près de Philippe-Auguste à la journée de Bouvines. Interprétant d'une manière digne du temps les lois canoniques, qui défendent aux prêtres de verser le sang, Philippe de Dreux ne se servait pas d'armes tranchantes; mais il assommait ses ennemis avec une lourde massue.

DREUX-BRÉZÉ (famille de), ancienne famille, issue au XIVe siècle de Pierre, 9e comte de Dreux. Elle n'ajouta à son nom celui de Brézé qu'au XVIIe siècle, par suite de l'échange qu'un de ses membres, Thomas de Dreux, seigneur de La Pommeraye, conseiller au parlement de Paris, fit, avec le grand Condé, du marquisat de La Galissonnière contre la terre de Brézé, qui fut érigée en marquisat en 1685. Du reste, la famille des Dreux-Brézé n'avait d'autres rapports avec celle des Brézé que d'avoir également possédé la terre de Brézé. — Thomas de Dreux-Brézé, baron de Berrye, fils du seigneur de La Pommeraye, fut nommé en 1701 grand maître des cérémonies, fonction qui depuis resta à ses descendants. Il mourut en 1749. — H. Evrard de Dreux-Brézé, son petit-fils (1762-1829), grand maître des cérémonies sous Louis XVI, est célèbre par l'incident qui termina la fameuse séance royale du 23 juin 1789 : chargé par le roi, qui voulait empêcher la réunion des trois ordres, de notifier à l'Assemblée nationale l'ordre d'évacuer la salle des séances, il fut accueilli par une violente apostrophe de Mirabeau (Allez dire à votre maître, etc.) et se retira sans avoir pu se faire obéir. Le marquis de Dreux-Brézé émigra avec la famille royale et ne rentra en France qu'en 1801. En 1815 il reprit ses fonctions de grand maître des cérémonies et fut nommé pair de France. — Son fils aîné, Scipion, 1793-1845, hérita de la pairie, qu'il conserva même après la révolution de 1830, et fut, à la Chambre des Pairs, sous le règne de Louis-Philippe, un loyal et éloquent défenseur de la cause légitimiste. — Emmanuel, son 2e fils, né en 1797, aide de camp du maréchal Moncey en Espagne (1823), quitta le service après 1830. — Un 3e fils, Pierre Simon, né à Brézé en 1811, entra dans l'Église, se distingua comme prédicateur et fut fait évêque de Moulins en 1850.

DREUX DU RADIER (Jean François), avocat, né à Châteauneuf-en-Thimerais en 1714, mort en 1780, fut quelque temps lieutenant civil et criminel, et quitta cette place pour se livrer à la littérature. Il a publié, de 1749 à 1778, un grand nombre d'ouvrages ; les principaux sont : Bibliothèque historique et critique du Poitou, 1754; Tablettes historiques et anecdotiques des rois de France, 1759; Hist. des Fous en titre d'office, 1767; Mémoires historiques des reines et régentes de France, 1763-76.

DREVET (Pierre), habile graveur, né à Lyon en 1664, mort en 1739, vint étudier à Paris sous Girard Audran et fut admis en 1707 à l'Académie. Il a gravé les portraits des hommes célèbres du temps : Louis XIV, Philippe V, Villars, Boileau, Dangeau, Girardon, le cardinal Fleury, etc. — Son fils, nommé aussi Pierre Dr., 1697-1739, s'est illustré dans le même genre : on estime son portrait de Bossuet, son chef-d'œuvre, ceux du cardinal Dubois, de Samuel Bernard, de Mlle Lecouvreur, ainsi que les gravures qu'il fit des plus beaux tableaux de Coypel, Rigaud, Boullongne, Restout.

DREVLIENS, peuple slave, voisin de Kiev, fut soumis en 880 par le grand-duc de Russie Igor I, mais se révolta fréquemment et fut presque exterminé au Xe siècle.

DRILO, fleuve de l'Illyrie mérid., auj. le Drin.

DRIN, Drilo ou Drinus, riv. de Turquie, dans l'ancienne Albanie, se forme dans le sandjak de Scutari de la jonction de deux cours d'eau nommés Drin Blanc et Drin Noir, et se jette dans l'Adriatique au-dessous d'Alessio. Elle formait autrefois la limite de l'empire d'Orient et de l'emp. d'Occident.

DRIN ou DRINA, Drinus, riv. de Turquie d'Europe (Bosnie), sort des monts Dinariques, sépare la Bosnie de la Servie, baigne Zvornick, et grossit la Save, après un cours de 260 kil.

DROCÆ, un des noms latins de DREUX.

DROGHEDA, v. et port d'Irlande, dans le Leinster, ch.-l. du comté de Drogheda, sur la Boyne, à 40 k. N. de Dublin; 20 000 hab. Grand commerce (importation de houille, exportation de grains). Cette ville fut prise en 1649 par Cromwell. C'est près de là que fut livrée la fameuse bataille de la Boyne, 1690 : un obélisque en perpétue le souvenir. Le comté, enclavé entre ceux de Louth et de Meath, ne se compose que de la ville de Drogheda et de sa banlieue.

DROGON, 3e fils de Tancrède de Hauteville, accompagna son frère Guillaume Bras de fer en Italie, lui succéda en 1046 dans son comté normand de la Pouille, obtint en 1047 de l'emp. Henri III l'investiture de la Pouille et du comté de Bénévent, mais eut bientôt à se défendre contre une ligue formée entre les Grecs, le pape Léon IX, et l'empereur Henri III lui-même. Il fut assassiné en 1051 par un Grec, dans l'église de Monteglio, au moment où il allait commencer la guerre.

DROISSY ou DROISY (Aisne). V. TRUCCIA.

DROITS (Déclaration des). V. DÉCLARATION.

DROLLING (Martin), peintre de genre, né en 1750 à Oberhergheim (H.-Rhin), m. à Paris en 1817, lutta longtemps contre la misère, reçut les conseils de Mme Lebrun et de Greuze, et réussit dans les scènes d'intérieur. On cite de lui : Maison à vendre, le Marchand forain, la Marchande d'oranges, la Laitière, la Cuisine, la Salle à manger, la Maîtresse d'école, la Dame de Charité. — Son fils, Michel D., 1786-1851, élève de David, obtint en 1810 le grand prix de Rome et se distingua comme peintre d'histoire. Il fut admis en 1837 à l'Institut et devint en 1837 professeur à l’École des beaux-arts. Ce peintre, éminemment classique, continua David, avec plus de couleur et de mouvement : ses sujets sont bien choisis, son style pur et élevé, son dessin correct et sa touche pleine de vérité. Ses meilleurs tableaux sont la Mort d'Abel, Orphée et Eurydice, Ulysse enlevant Polyxène à sa mère (au Luxembourg), Richelieu mourant, le Bon Samaritain (au musée de Lyon), le Christ au milieu des docteurs (à N.-D. de Lorette).

DRÔME, Druna, riv. torrentielle du dép. de la Drôme, naît au Val-Drôme, sur la limite du dép. des Hautes-Alpes; arrose Die, Pontaix, Saillans, Crest, et tombe dans le Rhône, par la r. g., au-dessous de Pont-Livron, après un cours de 110 kil. env.

DRÔME (dép. de la), dép. situé à l'E. du Rhône qui le sépare de celui de l'Ardèche, à l'O. du dép. des Htes-Alpes, au S. du dép. de l'Isère, au N. de celui de Vaucluse; 124k. sur 80; 6570 k. carrés; 326 684 h.; ch.-l., Valence. Il est formé d'une partie du Dauphiné et de la Provence. Houille, marbre blanc, granit, albâtre, pierre de taille statuaire, plâtre, argile à potier, cristal de roche. Belles forêts à l'E. ; très-bons vins (de l'Ermitage, de Die, etc.); fruits exquis, chanvre, garance, truffes noires. Lainages communs; distilleries, poteries, verreries, papeteries, etc. Commerce de vins, miel, cire, amandes, nougats, etc. — Le dép se divise en 4 arr. (Valence,