Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P1 - A-G.djvu/786

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


vernement d'Elfsborg dont elle est séparée par le Gœta-Elf, au S. par celui de Halmstad, et à l'O. par le Skager-Rack et le Cattégat.

GOTHIE (roy. de). On désignait jadis sous ce nom la portion mérid. de la Suède, au S. de la Suède propre et à l'E. de la Norwége, elle était divisée en 3 parties : 1° Ostrogothie (subdivisée en Ostrogothie propre, Smaland, îles d'Œland et Gottland); 2° Westrogothie (Westrogothie propre, Bohus, Dalie, Wermeland) ; 3° Gothie du Sud (Halland , Skana, Blekinge). Auj. la Gothie forme 12 lans ou gouvts : Linkœping, Calmar, Kronoberg, Gottland, Jœnkœping, Skaraborg, Elfsborg, Gœtheborg-et-Bohus, Halmstad, Christianstad, Malmœhus, Blekinge. La Gothie tirait son nom des Goths, qui la conquirent vers le 1er siècle de J.-C. Elle forma jusqu'au XIIIe siècle un roy. à part. Un prince de la famille royale de Suède porte le titre de duc de Gothie.

Canal de Gothie, grand canal qui fait communiquer la Baltique et la mer du Nord, allant de Stockholm à Gothembourg. Il est composé en grande partie de lacs et de rivières réunis par des canaux. Il a été achevé en 1832.

Marche de Gothie. V. SEPTIMANIE.

GOTHIQUE (mer), Codanus sinus, la mer Baltique.

GOTHOFREDUS. V. GODEFROY, GEOFFROY, GALFRID.

GOTHONS, Gothones. V. GOTHS.

GOTHS, Gothi, peuple germanique. Ils eurent, à ce qu'on croit, pour habitation première, soit le Boiohemum qu'ils partageaient, dit-on, avec les Marcomans, soit les sources de la Vistule; ils conquirent ensuite la Scandinavie méridionale et centrale, ainsi que le nord de la péninsule Cimbrique, tous pays où on les trouve établis 3 siècles av. J.-C. et où leur passage est attesté par les noms de Gothie, Codanus sinus, Jutland (car Jutes et Goths ne diffèrent pas) ; puis ils revinrent au S. de la Baltique où une de leurs tribus s'établit sous le nom de Gothons (dans la Prusse actuelle) ; de là, subjuguant les Venèdes, Burgundes, Roxolans, Iazyges et Finnois, ils s'étendirent de proche en proche depuis la Vistule et la Theiss jusqu'au Rha, et se divisèrent en trois grandes masses ne formant qu'un même État (Gépides, au N. des Alpes Bastarniques ; Visigoths ou Goths de l'Ouest, du Tibisque au Borysthène; Ostrogoths ou Goths de l'Est, du Borysthène au Rha); ils franchirent plusieurs fois le Danube et même le Pont-Euxin, pour ravager l'empire (sous Maximin, Gordien, Décius); rançonnèrent Marcianopolis, prirent Philippopolis, assujettirent Gallien au tribut, mais furent repoussés par Claude II qui prit de là le surnom de Gothique (269) ; occupèrent la Dacie Trajane dès que les Romains l'abandonnèrent (274); se jetèrent sur le roy. du Bosphore, qu'ils détruisirent, et pillèrent l'Asie-Mineure. Leur roi Hermanaric porta leur puissance à son plus haut degré dans le IVe siècle : leur empire embrassait vers 350 tout le pays qui s'étend depuis le Don jusqu'à la Theiss et depuis la mer Noire jusqu'à la Baltique; mais ils furent arrêtés dans leurs progrès par l'invasion des Huns; Hermanaric périt en combattant ces derniers sans pouvoir arrêter leur marche (376). Une partie des Goths, les Ostrogoths, consentit à subir le joug des Huns; les autres, les Visigoths, franchissant le Danube, se jetèrent de nouveau sur l'empire romain et obtinrent du faible Valens des terres en Mésie (376); mais dès 378, ils reprirent les armes contre l'empire : vainqueurs à Andrinople, ils pillèrent les faubourgs de Constantinople : ils ne furent réduits que par Théodose I, qui prit les plus redoutables à sa solde. A la mort de cet empereur (395), Alaric I, leur chef les promène par toute la Thrace et la Macédoine; il se fait donner par Arcadius le titre de général des milices romaines en Illyrie orientale (397), il envahit deux fois l'Italie sous le règne d'Honorius (403-409), prend et saccage Rome (410). Ataulf, son frère et son successeur, fonda la monarchie des Visigoths dans la Gaule méridionale et l'Hispanie (412). De leur côté, les Ostrogoths, redevenus libres en 453, à la mort d'Attila, obtinrent des demeures, les uns en Pannonie, les autres en Thrace; puis ils se réunirent tous sous Théodoric le Grand, et allèrent, avec l'aveu de l'empereur Zénon, reprendre l'Italie sur les Hérules (489-93); ils fondèrent dans ce pays le roy. des Ostrogoths, qui, après avoir été florissant sous Théodoric (493-526), tomba bientôt en décadence, puis succomba sous les coups de Bélisaire et de Narsès (534-553). Les Ostrogoths passèrent alors en Norique, mais ils n'existèrent plus comme nation. — Le royaume des Visigoths en Espagne se maintint jusqu'en 711, époque à laquelle il fut détruit par les Arabes ; néanmoins les restes de la nation se conservèrent dans les montagnes des Asturies et de la Galice, et y fondèrent les petits royaumes chrétiens qui furent le noyau de la monarchie espagnole. — Les Goths étaient de tous les barbares les plus aptes à la civilisation. Ils embrassèrent la religion chrétienne du temps de Constantin, mais ils adoptèrent l'hérésie d'Arius. La loi des Visigoths est sans contredit la plus savante et la plus douce des lois barbares. Pour plus de détails sur l'histoire des Ostrogoths et des Visigoths, V. ces noms. — On peut consulter sur les Goths, qui paraissent être identiques avec les Scythes et les Gètes : Jornandès, De Getarum, sive Gothorum origine et rebus gestis; Pinkerton, Recherches sur l'origine et les établissements des Scythes et des Goths, trad. par Miel, 1804, et Bergmann, Recherches sur les Gètes.

GOTTER (Fréd. Guil.), poëte allemand, né à Gotha en 1746, m. en 1797, occupait dans sa ville natale un emploi qui lui faisait le loisir de se livrer aux lettres. Il avait étudié à fond la langue et la littérature françaises, et appréciait nos chefs-d'œuvre-poétiques ; il chercha à en reproduire les beautés dans ses œuvres. Il a composé des épîtres, des élégies, des poésies légères et des ouvages dramatiques. Le recueil de ses Poésies a été publié à Gotha, 1787-88, 2 v. On y trouve des imitations de l’Oreste, de la Mérope et de l’Algire de Voltaire. Il a aussi donné des Opéras-Comiques et des Drames.

GOTTINGUE. V. GŒTTINGUE.

GOTTLAND, île suédoise de la mer Baltique, au S. E. de la Suède, par 15° 48'-16° 49' long. E., 56° 54'-57° 56' lat. N.: 115 kil. sur 63, forme un gouvt; 40 000 hab. ; ch.-l., Wisby. Climat moins rude qu'en Suède. Forêts, grains, beaucoup de légumes; bétail; pêche active. — Cette île fut peuplée à une époque fort reculée par les Goths. Elle fut conquise par les Danois en 1361 et 1437 : le traité de 1644 la donna à la Suède. Les Russes l'occupèrent momentanément en 1807. Le roi de Suède Charles IX porta d'abord le titre de duc de Gottland.

GOTTLIEBEN, bourg de Suisse (Thurgovie), à 2 kil. O. de Constance; 250 hab. Vieux château fort, où furent enfermés Jean XXIII, Jean Huss et Jérôme de Prague pendant le concile de Constance (1414). Le prince Louis Napoléon (Napoléon III) l'acheta en 1837 et le restaura.

GOTTORP, bailliage du Danemark, dans la partie mérid. du duché de Sleswig, tire son nom du château de Gottorp qui défend la ville de Sleswig, son ch.-l.; 20 000 hab. Il a donné son nom à une branche de la maison de Holstein.

GOTTSCHED (J. Christian), écrivain allemand, né en 1700 près de Kœnigsberg, m. en 1766, enseigna les belles-lettres à Leipsick depuis 1730, et influa puissamment, par ses leçons et ses ouvrages de critique, sur le développement de la littérature allemande. Ses principaux écrits sont : l’Éloquence académique, à l'usage des écoles, 1728 ; Essai d'art poétique pour les Allemands, 1730; Histoire critique et littéraire de la langue allemande, 1732-44; Grammaire allemande, 1748: cet excellent ouvrage a eu de nombreuses éditions; Dictionnaire des arts libéraux, 1780. On lui doit des traductions de Bayle, de Fontanelle, une tragédie de Caton, et deux recueils de poé-