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nésia, 1770-1814, fut préfet sous l'Empire et la Restauration, et périt de la manière la plus malheureuse, d'une chute de voiture, en allant au-devant du duc de Berry. Il publia quelques écrits politiques et littéraires: Les Ruines, ou Voyage en France, 1794; Pensées du cardinal de Retz, 1797.

LÉZIGNAN, ch.-l. de c. (Aude), à 25 k. O. de Narbonne; 2569 hab. Eaux-de-vie.

LEZOUX, ch.-l. de c. (Puy-de-Dôme), sur la r. dr. de l'Allier, à 16 k. S. O. de Thiers; 3788 h.

LHASSA ou LASSA, capitale du Thibet et ch.-l. de la prov. d'Oueï, par 30° 43' lat. N., 89° 30' long. E.; de 40 à 60 000 hab. Siége du Dalaï-lama et résidence du vice-roi chinois. Magnifique temple, avec dôme doré, qui attira un nombre immense de pèlerins. Centre ou commerce du Thibet. — Fondée en 698.

LHÉRITIER (Ch. L.), botaniste, né à Paris en 1746, d'une famille de commerçants, fut procureur du roi à la maîtrise des eaux et forêts, puis conseiller à la cour des aides (1775), et quitta ses fonctions pour se livrer à l'étude de la nature. Ruiné par la Révolution, il accepta une place au ministère de la justice. Il périt en 1800, assassiné dans une des rues de Paris par une main qui resta inconnue. Il était de l'Institut depuis sa fondation. Il laissa une riche bibliothèque botanique. On a de lui : Stirpes novæ aut minus cognitæ, Paris, 1784; Cornus (monographie du cornouiller), 1788; Sertum anglicum, ou le Bouquet anglais (c'est une flore des jardins anglais, surtout du jardin de Kew), 1788. Il avait entrepris la Flore du Pérou, d'après l'herbier de Dombey, mais il n'a pu achever ce travail.

L'HERMINIER. V. LERMINIER.

L'HERMITE. V. PIERRE et TRISTAN.

LHOMOND (Ch. François), un des professeurs les plus recommandables de l'Université de Paris, né en 1727 à Chaulnes (Somme), mort à Paris en 1794, reçut les ordres, fut quelque temps principal du collége d'Inville à Paris, et passa de là au collége du Cardinal-Lemoine, où il se voua tout entier à l'instruction des enfants : pendant 20 ans qu'il y resta, il ne voulut professer que la sixième. Devenu professeur émérite, il employa ses loisirs à composer des ouvrages élémentaires, où il eut soin de mettre en pratique les conseils de Rollin et qui, presque tous, sont restés classiques. Il fut emprisonné en 1793 pour refus de serment; mais Tallien, l'un de ses anciens élèves, le fit rendre à la liberté. On a de lui : Éléments de la grammaire française; Éléments de la grammaire latine, .vulgairement appelé le Rudiment; Histoire abrégée de la Religion; Hist. abrégée de l'Église; Doctrine chrétienne; Epitome historiæ sacræ; De viris illustribus urbis Romæ', ouvrages qui ont été cent fois réimprimés. Sa ville natale lui a élevé une statue en 1860.

L'HÔPITAL, bourg de Savoie. V. ALBERTVILLE.

L'HÔPITAL (Michel de), chancelier, né en 1505 près d'Aigueperse en Auvergne, avait pour père un médecin attaché au connétable de Bourbon et qui avait suivi le prince dans son exil. Après avoir étudié à Milan et à Padoue, il suivit le barreau de Paris, puis obtint une charge de conseiller au parlement. Ses vertus et ses lumières attirèrent sur lui l'attention du chancelier Olivier, qui le fit envoyer comme ambassadeur au concile de Trente (1547). Marguerite de Valois, sœur de Henri II, le choisit pour son chancelier privé et le fit nommer par son frère surintendant des finances. Dans ce poste éminent, L'Hôpital réprima une foule d'abus et se signala par son intégrité et sa sévérité. En 1560 il fut élevé par François II à la dignité de chancelier de France; il conserva ce poste sous Charles IX. Ami de la tolérance, il fit tous ses efforts pour prévenir les querelles religieuses et pour rapprocher les Catholiques et les Protestants; il empêcha l'établissement de l'Inquisition en France, et fit proclamer la liberté de conscience; mais, après plusieurs années de lutte, voyant tous ses efforts échouer contre le fanatisme des partis, et connaissant d'ailleurs les projets sanguinaires de Catherine de Médicis et de Charles IX, il résigna les sceaux et se retira dans sa terre de Vignay près d'Étampes (1568). Signalé comme favorable aux Protestants, il faillit être atteint dans sa retraite par les massacres dé la St-Barthélemi (1572); il mourut peu de temps après, de douleur (1573). Ce magistrat intègre ne laissa aucune fortune. Pendant sa magistrature il fit rendre de sages ordonnances, qui le placent au nombre de nos premiers législateurs. L'Hôpital était aussi un écrivain distingué; il excellait surtout dans la poésie latine. Il reste de lui un Traité de la réformation de la justice, des Harangues, des Poésies latines et un Testament politique où l'on trouve d'intéressants détails sur sa vie. Ses Œuvres ont été publiées in 1824-26, 5 vol. in-8. Ses vers latins, recueillis par Pibrac, de Thou et Scévole de Ste-Marthe, ont été publiés dès 1585; ils ont été traduits plusieurs fois en français, notamment par Coupé, 1778, et par M. de Nalèche, 1857. Sa vie a été écrite par Lévesque de Pouilly, 1764, Bernardi, 1807, et par M. Villemain, 1827.

L'HÔPITAL (Guill. Fr. Ant., marquis de), profond mathématicien, né à Paris en 1661, était d'une famille ancienne, mais différente de celle du chancelier, et avait pour père un lieutenant général. Il montra de bonne heure d'étonnantes dispositions pour la géométrie, et résolut à 15 ans le problème de la cycloïde, dont Pascal seul avait pu trouver la solution. Il servit quelque temps dans la cavalerie, mais il quitta bientôt les armes pour se livrer aux sciences. J. Bernouilli étant venu à Paris en 1692, L'Hôpital s'enferma pendant 4 mois avec lui pour étudier le calcul différentiel que venait d'inventer Leibnitz; bientôt il égala ses maîtres et put résoudre les problèmes les plus difficiles. En 1696 il publia l’Analyse des infiniments petits, ouvrage capital, où il exposait de la manière la plus lucide cette nouvelle branche des mathématiques; il achevait un Traité analytique des sections coniques (publié en 1707), lorsqu'épuisé par des travaux excessifs, il fut enlevé par une maladie, à 43 ans (1704). Il avait été reçu dès 1693 à l'Académie des sciences.

L'HÔPITAL (Nic. de), maréchal de France. V. VITRY .

LIA, fille aînée de Laban, fut substituée par ruse à sa sœur Rachel, que Jacob avait demandée en mariage, et devint ainsi la femme de Jacob. Elle en eut 6 fils : Ruben, Siméon, Lévi, Juda, Issachar, Zabulon, et une fille, Dina.

LIADIÈRES (Ch. de), né à Pau en 1792, m. en 1858, servit dans le génie, accueillit la Révolution de 1830, et devint officier d'ordonnance du roi Louis-Philippe, conseiller d'État et député des Basses-Pyrénées. Unissant le goût des lettres aux occupations de la vie politique, il composa plusieurs tragédies dans le genre demi-classique : Conradin et Frédéric (1820), Jean sans Peur (1821), Jane Shore (1824), Walstein (1829), qui eurent quelques succès. En 1844, il écrivit une comédie politique, les Bâtons flottants, qui fut interdite pour allusions politiques et qui ne put être représentée qu'en 1851.

LIAIKHOV (archipel). V. SIBÉRIE (NOUVELLE-).

LIAKOURA, nom moderne du Parnasse.

LIAMONE, Cercidius, riv. de la Corse, sort du mont Rotundo, coule au S. O., et se jette dans la Méditerranée à 17 kil. N. d'Ajaccio, après un cours de 44 k. En 1793 cette rivière donna son nom à l'un des deux départements de la Corse; il en comprenait la partie méridionale, et avait pour ch.-l. Ajaccio.

LIANCOURT, ch.-l. de c. (Oise), à 8 kil. S. E. de Clermont et sur le chemin de fer de Paris à Amiens; 2201 h. Château et parc, en partie détruits; statue de La Rochefoucauld-Liancourt. Filatures de coton, fabriq. de croisés, linge de table. Titre d'un duché qui, après avoir appartenu aux ducs de La Roche-Guyon, passa à une branche de la maison La Rochefoucauld.

LIANCOURT (Jeanne DESSCHOMBERG duchesse de), née en 1600, morte en 1674, était fille de Henri de Schomberg, maréchal de France. Esprit cultivé, elle