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HERRERA (Ferdinand de), poëte espagnol, surnommé le Divin, né à Séville vers 1516, mort en 1597. On a de lui un grand nombre de poésies diverses (sonnets, chansons, élégies, etc.), qui se distinguent par l'élévation et la hardiesse des pensées, ainsi que par l'harmonie du style. Elles ont été publiées sous le titre d’Obras en verso, Séville, 1582. Il a aussi donné, en prose : Relation de la guerre de Chypre et du combat de Lépante, 1572.

HERRERA (Antonio DE TORDESILLAS, appelé du nom de sa mère), historien, né en 1559 à Cuellar près de Ségovie, mort en 1625, alla jeune en Italie, y obtint la protection de Vespasien de Gonzague, frère du duc de Mantoue, et fut, à la recommandation de ce prince, nommé par Philippe II premier historiographe des Indes et de Castille, et secrétaire d'État. On a de lui : Hist. de ce qui s'est passé en Angleterre et en Écosse pendant la vie de Marie Stuart, 1590; Hist. du Portugal et de la conquête des îles Açores, 1591 ; Hist. des affaires de France, 1598; Hist. du monde sous Philippe II, 1606; Hist. générale des gestes des Castillans dans les îles de Terre-Ferme de l'Océan, de l'an 1492 à 1554, Madrid, 1601-15, 4 vol. in-fol. (trad. par La Coste, 1660-71); Description des Indes occidentales, 1601 (traduit en 1622); Gestes des Espagnols, des Français et des Vénitiens en Italie, depuis l'an 1285 jusqu'à l'an 1559, 1624. Herrera est un des meilleurs historiens de l'Espagne : il est exact et impartial ; mais on lui reproche de la prolixité, de la confusion et trop de goût pour le merveilleux.

HERRERA (François), le Vieux, peintre, né à Séville en 1576, mort à Madrid en 1656, fut élève de Louis Fernandez, et fonda une nouvelle école, d'où sortirent des artistes célèbres, notamment Diego Velasquez. D'un caractère âpre et intraitable, il força ses élèves, sa femme et ses propres enfants à s'éloigner de lui. Ses meilleures compositions se voient dans les églises de Séville; on cite, entre autres, son Jugement universel. Il a peint aussi des tableaux de genre (appelés en espagnol bodegonellos), qui représentent des viandes, de la volaille, du poisson. Il possédait à fond l'art de composer, la connaissance de l'anatomie et la science du clair-obscur.

HERRERA (François), le Jeune, fils du précéd., né en 1622, m. vers 1680, se distingua comme peintre et comme architecte. Il quitta de bonne heure la maison paternelle, à cause des violences de son père, continua ses études à Rome, cultiva l'histoire, le genre, les fleurs, et réussit surtout à peindre des poissons ; ce qui lui fit donner le surnom de lo Spagnuolo de' pesci. A la mort de son père, il revint en Espagne, se fixa à Madrid, renonça à l'architecture pour se livrer tout entier à la peinture, et fut nommé peintre du roi. Ses principaux ouvrages sont un S. François, une Cène, une Ascension (cette dernière à Notre-Dame d'Atocha), etc.

HERRERA (Séb. Barnuevo), peintre, architecte, sculpteur et graveur, né à Madrid en 1619, m. en 1671, eut pour maître Alonzo Cano, se perfectionna par l'étude de Paul Véronèse et du Tintoret, et devint peintre de la cour et conservateur de l'Escurial. Son dessin est pur et correct; son coloris rappelle celui du Titien. On distingue son Triomphe de S. Augustin et sa Naissance de la Vierge, à Madrid.

HERRNALS, v. d'Autriche, à 3 k. N.de Vienne; 4000 hab. Institution impériale pour l'éducation des filles d'officiers sans fortune.

HERRNHUT, v. du roy. de Saxe (Lusace), à 17 k. N. O. de Zittau; 1500 h. Siège de la direction des Frères Moraves. Herrnhut fut fondé en 1722 par Zinzendorf et fut le 1er établissement des Frères Moraves, qui prennent de là le nom d’Herrnhutter ou Hernheutes.

HERSAN (Marc Ant.), professeur, né à Compiègne en 1652, mort en 1724, enseigna les humanités et la rhétorique au collège du Plessis, où il eut pour élève Rollin, qui resta son ami; puis devint professeur adjoint au Collége de France. En 1697, il se retira dans sa ville natale et s'y consacra à l'instruction des enfants pauvres. On a de lui une Oraison funèbre du chancelier Le Tellier, en latin, des vers latins, qui sont au nombre des meilleurs qu'aient faits les modernes, des Pensées sur la mort, tirées de l'Écriture, 1722. Il fonda, par testament, une maison de Sœurs de charité destinées à instruire les jeunes filles et à soigner les malades. Rollin a écrit son Éloge.

HERSCHELL (William), astronome, né en 1738 à Hanovre, mort en 1822, était fils d'un habile musicien. Il exerça lui-même quelque temps la profession de son père, vint en 1759 se fixer en Angleterre, où, pendant quelques années, il vécut péniblement du produit de ses leçons, fut nommé organiste à Halifax en 1765, puis à Bath en 1766, et vit dès lors sa position s'améliorer. Conduit par l'étude de la musique à celle des mathématiques et de là à l'astronomie, il ne cultiva d'abord la science que par délassement ; mais bientôt, y ayant obtenu de brillants succès, il abandonna son état et se livra tout entier à ses nouvelles études. Trop pauvre pour acheter des télescopes, il se mit à en fabriquer lui-même (1774); il ne tarda pas à exécuter des instruments plus parfaits et plus puissants que tous ceux que l'on connaissait (entre autres un télescope long de 39 pieds anglais, ou 12 mètres, qui exigea 4 ans de travail, 1785-89). Avec leur secours il fit les observations les plus importantes; il découvrit une nouvelle planète, Uranus (13 mars 1781), puis les satellites de cette planète (1787), et deux nouveaux satellites de Saturne (1789); il reconnut que le système solaire n'est pas fixe et qu'il se porte tout entier vers la constellation d'Hercule; il fit une étude particulière des nébuleuses, aperçut dans les masses blanches qui les forment un nombre prodigieux de petites étoiles, reconnut parmi celles-ci des étoiles centrales, autour desquelles les autres exécutent une révolution régulière, et ouvrit ainsi une voie nouvelle aux observations. Le roi George III lui accorda une protection toute particulière, lui fit une pension et lui donna, au bourg de Slough, une habitation voisine de son château de Windsor : c'est là qu'Herschell a fait la plupart de ses observations. La Société royale de Londres s'empressa de l'admettre dans son sein ; l'Institut de France le nomma son associé. Herschell eut pour auxiliaires dans la construction de ses télescopes et dans ses observations son frère Alexandre et sa sœur Caroline (morte en 1848, à 98 ans). Ce savant a laissé une foule de mémoires, qui ont été insérés dans les Transactions philosophiques de la Société royale, et qui ont rapport, les uns à l'optique et à la construction des instruments; les autres au système solaire, aux planètes, à leurs satellites, aux comètes; d'autres enfin à l'astronomie stellaire, qu'il créa presque en entier. M. Arago a prononcé son Éloge, 1842. — Son fils, John Herschell, né en 1792, hérita de ses goûts scientifiques et de ses secrets pour la fabrication des verres de télescope : il a fait faire de nouveaux pas à l'astronomie ainsi qu'à l'optique.

HERSENT (Ch.), oratorien, né à Paris vers 1590, mort en Bretagne en 1660, se brouilla avec les Oratoriens et écrivit contre eux, accusa le cardinal de Richelieu de vouloir séparer la France de l'Église de Rome et écrivit à cette occasion, en 1640, un livre qu'il intitula : Optati Galli de cavendo schismate, par allusion à l'écrit de S. Optat contre le schisme des Donatistes : cet ouvrage fut censuré par 16 évêques, condamné par le parlement, et brûlé par les mains du bourreau. Étant allé à Rome, il s'y fit excommunier par le pape Innocent X pour avoir pris la défense de Baïus et de Jansénius. Outre ses écrits de polémique, on a de lui un travail estimé sur S. Denys l'Aréopagite, 1626.

HERSENT (L.), peintre d'histoire et de genre, né à Paris en 1777, mort en 1860, fut élève de Regnault, obtint à 20 ans le 2e grand prix, exposa dès 1804, et