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NICÉPHORE II, Phocas, né en 912, fils du patrice Bardas, fut élevé dans les camps, se distingua par ses qualités militaires ; fut nommé généralissime des troupes pendant la minorité des fils de Romain II et se fit proclamer césar en 963. Il reprit aux Sarrasins la Cilicie, la Syrie, Chypre, mais il mécontenta ses sujets par de nouveaux impôts. Zimiscès, un de ses généraux, amant de sa femme Théophano, le tua en 969 et se fit couronner.

NICÉPHORE III, Botoniate, général de l’armée d’Asie sous Michel Ducas, parvint au trône en 1078, lors de l’abdication forcée de ce prince, tandis que Nicéphore Bryenne était proclamé en Illyrie (V. BRYENNE) ; il envoya contre ce compétiteur Alexis Comnène, qui s’empara de sa personne et lui fit crever les yeux. Ce général, se voyant menacé lui-même d’un sort semblable, se fit proclamer empereur (1081) et envoya Nicéphore finir ses jours dans un cloître.

NICÉPHORE (S.), patriarche de Constantinople en 806, défendit le culte des images contre l’empereur Léon l’Arménien, fut exilé et mourut en 828. On a de lui une Chronologie depuis Adam, et une Histoire abrégée (de 602 à 770), qui se trouvent dans la Byzantine. On le fête le 13 mars. – Un autre S. Nicéphore, qui subit le martyre à Antioche sous Valérien, est honoré le 12 février.

NICÉPHORE CALLISTE, moine et historien grec, m. vers 1350, a laissé une Histoire ecclésiastique en 23 livres, qui va jusqu’en 610 et qui a été publiée par Fronton du Duc, 1630, avec trad. lat. de Lange.

NICÉPHORE BRYENNE, N. GRÉGORAS. V. BRYENNE, etc.

NICEPHORIUM, auj. Racca, v. de Mésopotamie (Osroène), au confluent de l’Euphrate et du Billicha (auj. Belès), fondée par Alexandre en souvenir d’une de ses victoires, s’est nommée successivement Callinicum, Constantinopolis, Léontopolis.

NICEPHORIUS, un des noms anciens du KHABOUR.

NICERON (Pierre), Barnabite, né en 1685 à Paris, m. en 1738, professa les humanités et la rhétorique dans divers colléges, puis vint se fixer à Paris et se livra tout entier à l’histoire littéraire. On lui doit : Mémoires pour servir à l’histoire des hommes illustres de la république des lettres, avec le Catalogue de leurs ouvrages, ouvrage qui contient beaucoup de renseignements utiles, Paris, 1727-45, 43 v. in-12.

NICETAS ACOMINATUS, dit Choniates parce qu’il était de Chonæ (l’anc. Colosses) en Phrygie, remplit divers emplois à la cour de Constantinople, se retira à Nicée en 1204, et y mourut en 1216. Il a laissé des Annales en 21 liv. (de 1118 à 1206), qui ont été publiées avec version latine par Jér. Wolf, Bâle, 1557, in-fol., par Fr. Wilken, 1830, et dans la Byzantine. Le président Cousin en a donné une trad. française.

NICETAS EUGENIANUS, écrivain grec du XIIe S., est auteur d’un roman en vers, les Amours de Chariclée et de Drosila, publié par M. Boissonade, Paris, 1819, et dans les Erotici græci de Didot, 1856. Il a été trad. en français par Ph. Lebas en 1841.

NICHAN-IFTIKHAR, c.-à-d. signe d’honneur, décoration créée par le sultan Mahmoud II, offre le sceau du sultan, entouré de brillants.

NICHAPOUR, v. de Perse (Khoraçan), à 90 kil S. de Mesched ; 9000 hab. (jadis beaucoup plus peuplée). Mines de turquoises, à 60 kil. vers l’O. – Fondée par Sapor I sur l’emplacement d’une ville ruinée par Alexandre, elle fut la capitale de la Perse sous les Seldjoucides ; ravagée au XIIe S. par les Tartares, elle ne s’est pas relevée depuis.

NICHOLSON (W.), bibliographe, né à Plumland (Cumberland) en 1655, m. en 1727, visita les principales bibliothèques de l’Allemagne, fut successivement évêque de Carlisle, archevêque de Londonderry, puis de Cashell. On lui doit la Bibliographie historique de l’Angleterre, Londres, 1690-99 ; – de l’Écosse, 1702; – de l’Irlande, 1724; – Leges Marchiarum, 1705 et 1747; Dissertatio de jure feudali veterum Saxonum (dans les Leges anglo-saxonicæ de Wilkins, 1721).

NICHOLSON (W.), chimiste et physicien anglais, né à Londres en 1753, m. en 1815, quitta le commerce pour les sciences et dirigea avec succès une école à Londres. Il fut un des premiers à reconnaître l’action chimique de la pile et inventa l’aréomètre qui porte son nom ; mais il s’endetta pour faire ses expériences, et fut mis en prison par ses créanciers. Il a publié un Journal de philosophie naturelle, de chimie et des arts (en anglais), Londres, 1797-1800 ; une Introduction à la philosophie naturelle et expérimentale (1781) ; un Dictionnaire de chimie (1789) ; des Tables synoptiques de chimie (1801), et a traduit les Éléments de chimie de Fourcroy et de Chaptal.

NICIAS, général athénien, combattit avec succès les Spartiates dans la guerre du Péloponèse, leur enleva l’île de Cythère (425 av. J.-C.), fit conclure en 421 une trêve, dite paix de Nicias ; s’opposa à l’expédition de Sicile, accepta néanmoins d’être un des trois chefs de l’expédition quand elle eut été décidée (415), eut part aux succès et aux revers de cette expédition, et finit par capituler, ainsi que Démosthène, son collègue. il fut tué par les Siciliens en 413, bien qu’on lui eût promis la vie sauve. Plutarque a écrit sa Vie.

NICIAS, peintre athénien qui florissait vers 332 av. J.-C., avait inventé un procédé d’encaustique qui rendait les couleurs plus brillantes et plus durables. On admirait comme ses chefs-d’œuvre un Alexandre, une Pythonisse et un Hyacinthe.

NICOBAR (îles), archipel du golfe de Bengale, entre 92° 30’ et 94° long. E., 6° 40’ et 9° 15’ lat. N. Les principales îles sont la Grande-Nicobar ou Sambalong (qui a 44 kil. sur 17), la Petite-Nicobar, Camorta, Terrassa, Nancovery, Kar-Nicobar ; env. 10 000 hab. Bois, sources, mouillages commode; air malsain. Canne à sucre, arbre à pain, tek, sassafras ; crocodiles et autres reptiles très-nombreux. – Les Danois y avaient formé de 1756 à 1785, des établissements, qu’ils ont abandonnés à l’Angleterre en 1848.

NICOCLÈS, roi de Chypre en 374 av. J.-C., était fils et successeur d’Évagoras. Il n’est connu que par les deux Discours qu’Isocrate, son maître, lui adressa, et qui traitent, l’un, de la science du gouvernement, l’autre, des devoirs des sujets envers leur prince. – Roi de Paphos, tenait son trône de Ptolémée 1er, roi d’Égypte ; néanmoins, il trahit ce prince en s’alliant à Antigone. Cerné dans son palais par des émissaires de Ptolémée, qui étaient chargés de le faire périr, il se tua, avec toute sa famille, 310 av. J.-C.

NICOCRÉON, tyran de Chypre au XVe s. av. J.-C., fameux par sa cruauté. V. ANAXARQUE.

NICODÈME, Nicodemus, sénateur juif de la secte des Pharisiens, ne craignit pas de se déclarer disciple de J.-C., alla avec Joseph d’Arimathie lui rendre les derniers devoirs, et fut pour ce fait privé par les Juifs de sa dignité. On a sous son nom un évangile apocryphe, composé vers le Ve siècle par quelque hérétique. On fête ce saint le 3 août.

NICOLAI, famille française illustre dans la magistrature, originaire du Vivarais, a fourni plusieurs chanceliers. L’un de ses membres les plus distingués, Jean-Aimar de N., après avoir suivi la carrière des armes et s’être signalé à la prise de Valenciennes (1677), entra dans la magistrature et devint président de la Chambre des comptes. Il fut le tuteur de Voltaire.

NICOLAI (Jean), professeur d’antiquités à Tubingue, né vers 1660, m. en 1708, a laissé entre autres ouvrages : Demonstratio qua probatur Gentilium theologiam ex fonte Scripturæ originem traxisse, Helmstædt, 1681 ; de Ritu antiquo Bacchanalium, 1696 ; De siglis veterum, 1703 ; Antiquitates Ecclesiæ, 1705.

NICOLAI (Frédéric), libraire et littérateur allemand, né à Berlin en 1733, m. en 1811, avait étudié presque toutes les sciences. Ses ouvrages principaux sont : Lettres sur la littérature moderne, 1761-66; Description de Berlin et de Potsdam, Berlin, 1786 ; Vie et opinions de Nathanker, roman, 1799 ; Voyage en Allemagne et en Suisse, 1788-96. On a aussi de lui de curieuses Recherches historiques sur l’usage des