Page:Bouillet - Chassang - Dictionnaire universel d'histoire-geo - 1878 - P3 - Q-Z.djvu/30

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771, était fils naturel de Charles-Martel. On l'hon. à Rouen le 19 janv. et le 15 mai. — Archevêque de Lyon en 852, eut part aux conciles de Valence (855), de Châlon-sur-Saône (873 et 75), et obtint de Lothaire I et de Charles le Chauve divers privilèges pour son église. On le fête le 28 oct.

REMIREMONT, Avendi castrum, puis Romarici mons, ch.-l. d'arr. (Vosges),à 27 kil. S. E. d'Épinal, sur la r. g. de la Moselle, au pied des Vosges et dans une vallée agréable; 5668 hab. Trib. de 1re inst., collége, bibliothèque, cabinet d'histoire naturelle. Restes d'une ancienne abbaye, palais abbatial, bel hôpital, promenades. Importantes fabriques de tissus de coton ; fromages de Géromé et de la Bresse ; pâtés de truites, kirchenwasser; planches de sapin. — La ville tire son nom de S. Romaric, qui y fonda une abbaye en 620. Anne de Lorraine la rebâtit en 1752. L'abbesse de Remiremont était princesse d'empire.

RÉMOIS, ancien pays de France, en Champagne, formant le territoire de Reims, renfermait en outre Épernay et Ste-Menehould. C'est la partie N. O. du dép. de la Marne.

REMONTRANCES, réclamations adressées jadis au roi par les Parlements ou les autres Cours souveraines. V. ce mot dans notre Dict. univ. des Sciences.

REMONTRANTS, nom donné aux disciples de Jacq. Arminius, à cause des remontrances qu'ils adressèrent en 1610 aux États de Hollande. V. ARMINIUS.

REMOULINS, ch.-l. de c. (Gard), sur le Gardon, à 18 kil. S. E. d'Uzès, près du Pont du Gard; 1403 h.

REMUS, frère de Romulus, fut exposé avec lui à sa naissance, aida son frère à fonder Rome, et fut, dit-on, tué par lui pour avoir sauté par dérision le fossé qui traçait l'enceinte de la ville. V. ROMULUS.

RÉMUSAT, ch.-l. de c. (Drôme), sur l'Eyques, à 24 k. N. E. de Nyons; 725 h. Toiles, tuileries.

RÉMUSAT (Abel), orientaliste, né à Paris en 1788, m. en 1832, se fit recevoir médecin, puis apprit, presque sans aide, le chinois, le thibétain, le mandchou, fut nommé en 1814 à la chaire de chinois récemment créée au Collège de France, fut reçu à l'Académie des inscriptions en 1816, contribua à la fondation de la Société asiatique de Paris (1822), dont il fut le secrétaire, puis le président, et fut nommé en 1824 conservateur des manuscrits orientaux de la Bibliothèque royale. Rémusat s'attacha à rendre la connaissance des langues orientales plus accessible : outre un grand nombre d'articles et de dissertations sur la philologie, la littérature et l'histoire de ces langues, on a de lui des traductions de l’Invariable milieu de Confucius (1814), du Livre des récompenses et des peines de Lao-Tseu (1816), des Deux Cousines, roman chinois (1826); de savantes Recherches sur les langues tartares, (1820) des Éléments de Grammaire chinoise (1822), un Mémoire sur Lao-Tseu (1823), une Histoire du Bouddhisme (1836), des Mélanges asiatiques et de nombreux articles dans la Biographie universelle. Dans ses dernières années il consacra sa plume à la défense de la légitimité : Charles X l'anoblit en récompense.

RÉMUSAT (la comtesse de), petite-nièce du comte de Vergennes, ministre sous Louis XVI, née en 1780, morte en 1821, avait épousé le comte de Rémusat (né en l762, m. en 1823), qui fut sous l'Empire préfet du palais, 1er chambellan, surintendant des théâtres, et, sous la Restauration, préfet de la Hte-Garonne, puis du Nord; elle fut elle-même attachée à l'impératrice Joséphine comme dame du palais. Femme d'un esprit supérieur, elle composa, entre autres ouvrages, restés pour la plupart inédits, un Essai sur l'éducation des femmes, publié après sa mort, auquel l'Académie décerna en 1825 une médaille d'or. — M. le comte Ch. de Rémusat, né en 1797, ancien député, ministre de l'intérieur en 1836, membre de l'Académie des sciences morales, est son fils.

RENAISSANCE, période comprise entre l'année 1453, époque de la chute de l'empire grec, et la 2e moitié du XVIe s. V. notre Dict. univ. des Sciences.

RENAIX, v. de Belgique (Flandre orient.), à 12 k. S. d'Oudenarde; 12 000 hab. Lainages, tissus de coton, fil, toiles de lin, blanchisseries, teintureries; faïence, tuiles, briques.

RENAU D'ELIÇAGARAY (Bernard), ingénieur et officier de marine, né dans le Béarn en 1652, mort en 1719, imagina un mode nouveau de construction maritime, inventa des galiotes à bombes avec lesquelles il bombarda Alger en 1682, coopéra au siége de Gênes, dirigea les sièges de Philippsbourg, Manheim, Frankenthal (1688), suivit Louis XIV aux siéges de Mons et de Namur; sauva St-Malo et 30 vaisseaux échappés au désastre de La Hogue, fut envoyé en Amérique pour y organiser des chantiers de construction navale et pourvoir à la sûreté des colonies françaises (1696), puis en Espagne pour inspecter et réparer les places fortes, et sauva des mains des Anglais les galions réfugiés à Vigo; mais il échoua en 1704 devant Gibraltar. On a de lui une Théorie de la manœuvre des vaisseaux (1689). Il était membre honoraire de l'Académie des sciences.

RENAUD DE MONTAUBAN, fils d'Aymon. V. AYMON.

RENAUDOT (Théophraste), médecin, né à Loudun en 1584, m. en 1653, vint se fixer à Paris en 1612, reçut de Richelieu le titre de commissaire général des pauvres du royaume, ouvrit dans l'intérêt des pauvres sans emploi un bureau d'adresses, sorte d'office de publicité, et une maison de prêt analogue au Mont-de-Piété. Il fonda en 1631 la Gazette de France, qu'il rédigea jusqu'à sa mort, et que ses deux fils Isaac et Eusèbe continuèrent après lui. Il a en outre donné la Continuation du Mercure français, la Vie de Condé, de Gassion, de Mazarin. — L'abbé Renaudot (Eusèbe), son petit-fils, 1646-1720, étudia avec succès la théologie, l'histoire, les langues orientales, fut membre de l'Académie française, de celles des inscriptions et de la Crusca, et laissa en mourant une belle bibliothèque de manuscrits orientaux. On a de lui nombre de savants ouvrages : la Perpétuité de la foi de l'Église touchant l'Eucharistie (1711), et touchant les Sacrements (1713) ; Hist. des patriarches jacobites d'Alexandrie, en lat. (1713); Anciennes relations des Indes et de la Chine (1718). Il a en outre édité les écrits de Gennade, de Nectaire, etc., sur l'Eucharistie, grec-lat., 1709, et une collection des Liturgies, 1716. Il avait publié dès 1697 : Jugement du public sur le Dictionnaire de Bayle, écrit qui l'engagea dans une vive dispute avec l'auteur.

RENCHEN, v. du grand duché de Bade (Rhin-moyen), sur la Rench, à 15 kil. N. E. d'Offenbourg: 3000 hab. Près de là est le défilé de Rencherloch, où Montecuculli arrêta Turenne en 1675, et où Moreau battit les Autrichiens en 1796.

RENDSBOURG, v. démantelée du Holstein, dans une île de l'Eyder, à 31 kil. O. de Kiel; 10 000 hab. Chemin de fer, canal faisant communiquer la Baltique et la mer du Nord. Fonderie de cloches. Cette ville donne son nom à une branche de la maison de Holstein. Prise par les Impériaux en 1627, par les Suédois en 1643, démantelée en 1853.

RENDU (Ambroise), né à Paris en 1778, d'une famille originaire du Bugey, m. en 1860, entra à l'École polytechnique dès la fondation, en fut expulsé pour avoir refusé le serment de haine à la royauté, se mit alors à l'étude du droit et des lettres, travailla au Mercure avec Fontanes, dont il resta l'ami, fut, lors de la création de l'Université, nommé inspecteur général des études, contribua activement à l'organisation du nouveau corps, devint en 1820 membre du Conseil de l'instruction publique et ne cessa d'y siéger qu'en 1850 : il s'y occupait surtout de juridiction et d'instruction primaire. On a de lui, entre autres écrits, le Code universitaire (1827 et 1846), ouvrage d'une grande utilité pratique; des Considérations sur le prêt à intérêt et un Traité de morale. — Un de ses fils, M. Eugène Rendu, auj. inspecteur général de l'instruction publique, a donné,