Page:Bourdaret - En Corée.djvu/100

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à face humaine que l’on trouve sur certaines routes de la Corée de dix en dix lis ou de cinq en cinq lis. Ils sont peints en rouge et en noir mais, — eux aussi — ne sont pas remplacés. Ils sont la survivance — ainsi que les précédents, — d’une époque de barbarie qui cède le pas rapidement devant les progrès actuels. Les Tchang-seung ont une légende suivant laquelle, au temps jadis, un noble du nom de Tchang, accusé et reconnu coupable de trahison, fut mis au pilori. Il fut décidé, pour rendre sa mémoire exécrable à tout le peuple, qu’il serait figuré sur des poteaux de bois, et que ceux-ci seraient plantés partout sur les chemins. Il est possible que l’on ait eu l’idée d’utiliser ensuite ces poteaux comme indicateurs de distance.

Après ces O-band-tchang-goun, les plus importants parmi les esprits, viennent les Sine-tchang ou esprits généraux. Ce sont en quelque sorte les lieutenants des cinq grands esprits précédents, et c’est surtout à eux que les aveugles sorciers demandent aide pour chasser les démons. Ils sont innombrables, peut-être cent mille, peut-être davantage,

Leur fétiche consiste en une image grossière. C’est toujours en exagérant certains traits de la physionomie que les peuples ont représenté leurs idoles.

Les To-tji-tji-Sine, ou esprits de la terre, sont différents de l’esprit de la montagne que nous verrons plus loin, et jouent un rôle très important parce qu’ils occupent tous les terrains et que le Coréen est obligé d’appeler le sorcier pour se rendre propice l’esprit du sol sur lequel il veut bâtir ou cultiver. Ce sont eux qui occupent les cimetières, et nous savons quelle importance les