Page:Bourdon - En écoutant Tolstoï.djvu/218

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page a été validée par deux contributeurs.


rage, et les empêche, en un mot, de tomber dans le hideux matérialisme. »

Ainsi, se réunir en troupeaux de quatre cent mille hommes, marcher jour et nuit sans repos, ne penser à rien, ni rien étudier, ni rien apprendre, ni rien lire, n’être utile à personne, pourrir dans sa saleté, coucher dans la fange, vivre comme des brutes dans un hébétement continu, piller les villes, brûler les villages, ruiner les peuples, puis rencontrer une autre agglomération de viande humaine, se ruer dessus, faire des lacs de sang, des plaines de chair pilée, mêlée à la terre boueuse et rougie, des monceaux de cadavres, avoir les bras ou les jambes emportées, la cervelle écrabouillée sans profit pour personne, tandis que vos vieux parents, votre femme et vos enfants meurent de faim, voilà ce qu’on appelle ne pas tomber dans le plus hideux matérialisme ! (Guy de Maupassant, Sur l’eau.)


Nous nous bornerons à rappeler que les différents États de l’Europe ont accumulé une dette de 130 milliards, dont 110 environ depuis un siècle, et que celle dette colossale provient presque exclusivement des dépenses de guerre, qu’ils tiennent sur pied en temps de paix plus de 4 millions d(hommes et peuvent porter ce chiffre à 19 mil-