Page:Bouton - La Patrie en danger au 25 février 1848.djvu/9

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le 24 sous le feu de peloton des Capucines : d’un bond elle se précipite, en deux mouvements qui partent, l’un du coin du boulevart Montmartre, l’autre des Petits-Pères, jusques sur la place du Palais Royal.

Il n’y a en dehors de cela que des faits isolés, des charges de cavalerie, des coups de feu tirés à droite et à gauche, quelques hommes frappés par le hasard d’une balle, comme un garçon boulanger au coin de la rue de Rohan, atteint d’un ricochet et tombant à mes pieds. Tout cela s’est trouvé sous la loupe des chercheurs d’historiettes, des marchands de pathos, qui ont livré à l’admiration du monde des banalités sans exemple et nous ont conté sur un mode héroïque les pauvretés d’hommes courant, pendant deux jours, les rues à l’aventure et qu’un hasard nocturne a favorisés.

J’ai vu la Révolution de Février dans sa réalité meurtrière. Je dis que l’émeute armée n’a eu pour véritable terrain que le Troisième Arrondissement : et encore ! quoi qu’en disent les triomphateurs, tous les fusils du lendemain n’étaient pas des fusils de la veille.