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Page:Boyer d’Argens - Lettres juives, 1754, tome 7.djvu/212

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sur la trahison d’un juif, qui fut la cause de la prise de l’isle de Rhodes. Ils étoient, comme tu le sais, souverains de cette isle. Ils la perdirent sous le regne de Soliman, qui s’en rendit le maître. Ils furent moins heureux contre cet empereur qu’ils ne l’avoient été autrefois contre Mahomet II. Ce conquérant si terrible, aux armes duquel rien ne pouvoit résister, échoua cependant devant Rhodes. En 1480, il fit attaquer cette isle par une armée formidable, commandée par le pacha Paléologue. La flotte destinée à son transport étoit de cent soixante voiles, sans compter les bâtimens de charge. Pierre d’Aubusson, grand-maître ou chef des chevaliers, rendit inutiles tous ces apprêts, & défendit Rhodes avec tant de prudence & de valeur, qu’après la perte de la plus considérable partie de son armée, le pacha Paléologue fut obligé de faire rembarquer ses troupes & de se retirer. Le malheur qu’avoit eu Mahomet II ne rebuta point Soliman, qui fit assiéger cette même ville en mille cinq cens vingt deux. Les chevaliers se ressouvenant de la belle défense qu’avoient faite leurs prédécesseurs, & animés par le grand maître Philippe Villiers de l’Isle-Adam, résisterent avec beaucoup de courage aux fréquentes attaques des ennemis. Mais