Page:Braddon - Le Secret de lady Audley t2.djvu/105

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée





CHAPITRE VII


La requête de Phœbê.



La division qui régnait entre lady Audley et sa bellefille n’avait rien perdu de sa force dans les deux mois qui s’étaient écoulés depuis la célébration de la fête de Noël au château d’ Audley. Il n’y avait pas guerre ouverte entre les deux femmes, c’était seulement une neutralité armée, interrompue de temps en temps par quelques escarmouches féminines de peu de durée et quelques passes d’armes en paroles. J’avoue, avec peine qu’Alicia aurait de beaucoup préféré une bonne bataille à cette désunion silencieuse et sans démonstrations extérieures ; mais il n’était pas facile d’avoir une querelle avec milady. Elle savait répondre avec douceur pour réprimer une colère naissante. Elle savait sourire agréablement en face de la pétulance de sa belle-fille et rire aux éclats de sa mauvaise humeur. Peut-être, si elle eût été moins aimable et d’un caractère dans le genre de celui d’Âlicia, la lutte entre les deux femmes se serait-elle terminée par quelque terrible querelle, et seraient-elles ensuite devenues amies. Mais Lucy Audley ne voulait pas la guerre. Elle amassait une à une les causes de répulsion, et les plaçait à gros intérêts en attendant que la brèche qui s’élargis-