Page:Braddon - Le Secret de lady Audley t2.djvu/221

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Cette page n’a pas encore été corrigée





CHAPITRE XIV


Possédé du démon.


Jamais dormeur emporté par la fièvre dans le pays des rêves n’a paru plus étonné en présence d’un monde idéal que ne le fut Robert à l’aspect des vastes plaines et des peupliers rachitiques qui bordent la route entre Villebrumeuse et Bruxelles. Était-il bien possible" qu’il revînt à la maison de son oncle sans la femme qui y avait régné pendant deux ans en maîtresse souveraine ? Il lui semblait qu’il avait emmené lady Audley secrètement et sans autorisation et qu’il lui fallait maintenant rendre compte à sir Michaël de la destinée de la femme que le baronnet aimait si tendrement.

« Que lui dirai-je ? pensait il ; lui avouerai-je la vérité. ... l’horrible vérité ? Nom ce serait trop cruel. Il ne résisterait pas à cette épouvantable révélation. Et pourtant si je lui laisse ignorer ce qu’elle est devenue, il croira peut-être que j’ai été dur pour elle. »

C’était en réfléchissant de la sorte que Robert, assis dans le coupé de la diligence, regardait, sans le voir, le triste paysage qui se déroulait sous ses yeux. Maintenant que la sombre histoire de George Talboys était finie, il manquait une page au livre de sa vie.