Page:Bruant - Chansons et Monologues - Tome II.djvu/22

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Ben ! et ceux qu’on voit su’ la Seine
Enfoncer des pieux… qué métier !…
En v’là des gonciers qu’ont d’la peine :
I’s tir’ à six su’ un bélier !
Moi, ces travails-là, ça m’épate,
J’touchr’ai jamais un pilotis.
J’aurais peur de m’casser eun’ patte.
            Respec’ aux abattis.

Au lieu d’gueuler après les mines
D’fair’ des discours et d’discuter
Su’ les fabriqu’ et les usines,
Moi j’dis qu’on f’rait mieux d’inventer
Des travails dont qu’ personne n’crève…
Jusque-là, vous êt’ avertis,
J’marche pas… J’continu’ ma grève…
            Respec’ aux abattis.

Paris, 1888.